Édouard Lefebvre de Béhaine 

Résumé

Édouard Lefebvre de Béhaine  Revue des Deux Mondes

Malgré notre sincère amour de la paix, continuait le Saint-Père, nous ne pouvons rien faire de contraire aux lois divines, et nous saurions au besoin nous résigner à subir les extrêmes épreuves, comme notre prédécesseur. En vertu même de sa constitution intime, l’Église doit être libre de pourvoir aux conditions de sa vie intérieure. Ce pouvoir doit appartenir librement tant aux Papes qu’aux évêques, obligés qu’ils sont de sauvegarder les intérêts du culte et de la vie ecclésiastique.
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Édouard Lefebvre de Béhaine  Revue des Deux Mondes

Le cardinal Jacobini se bornait à dire qu’en refusant tous les candidats proposés par le Saint-Père pour le diocèse de Posen et en s’abstenant de prendre aucun engagement en ce qui regardait l’éducation du clergé, le cabinet de Berlin avait donné au Pape le droit de retirer les concessions qu’il avait promises. De nouveau, la chancellerie pontificale et la diplomatie prussienne tournaient, de l’aveu même du secrétaire d’Etat, dans un cercle vicieux.
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Édouard Lefebvre de Béhaine  Revue des Deux Mondes

La réponse du prince de Bismarck fut remise au Saint-Père le 16 janvier 1886. Si agréable que dut être la surprise du Pape en s’entendant appeler Sire, il ne lui échappa pas que cette lettre laissait absolument dans l’ombre la question de « l’entière liberté » nécessaire au Saint-Siège. Cette prétention ne devait pas manquer d’être relevée par la presse italienne ; elle atténuait le déplaisir qu’on avait éprouvé au Quirinal de voir le principe de la souveraineté du Pape implicitement reconnu à Berlin et, par voie de conséquence, rétabli en quelque sorte dans le droit public de l’Europe.
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