Résumé

Portrait de G. Goyau G. Goyau Revue des Deux Mondes

J’estime qu’en Allemagne l’Autriche n’est pas moins nécessaire que la Prusse ; j’estime qu’un tel dualisme est pour l’Allemagne une condition vitale, au point de vue politique et même, dans l’état actuel des choses, au point de vue religieux, au point de vue confessionnel. Il ne peut s’agir ni d’une absorption de l’Allemagne dans la Prusse, ni d’une absorption de l’Allemagne dans l’Autriche ; les deux grands États doivent aller la main dans la main. Où en arrivera notre patrie, si ces deux puissances, au lieu de s’assister mutuellement, prennent des voies différentes ?
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Mais le pessimisme de Consalvi laissait son courage intact, et les coups d’épée qu’il donnait déchiraient sans pitié la trame d’argumens dilatoires qu’on s’essayait à lui opposer. Pour laisser au Pape, à des titres divers, les Marches et les Légations, Metternich n’avait qu’à demeurer fidèle à ses promesses de naguère ; il était trop soucieux d’une exacte harmonie, en Italie, entre l’Autriche et le Saint-Siège, pour que cette fidélité lui coûtât beaucoup. En ce qui concernait Bénévent, c’est Consalvi lui-même qui donna l’idée d’une combinaison.
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« Abstenez-vous de toute démonstration ostensible, lui signifia-t-il ; l’infaillibilité, pour l’instant, est pour nous sans intérêt.» Ce n’était pas à Rome, c’était à Ems, que Bismarck souhaitait alors faire du bruit : cet instant d’histoire, — l’instant pour lequel l’infaillibilité était sans intérêt, — inaugurait la série d’étapes à travers lesquelles la Prusse allait devenir l’Allemagne, sur les ruines de l’Empire français. D’Ems à Sedan, de Sedan à Versailles, de Versailles à Francfort, il les fallait franchir toutes ; et l’heure sonnerait, ensuite, pour la réalisation des rêves d’Arnim.
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