Résumé

Portrait de Émile Gebhart Émile Gebhart Sainte Catherine de Sienne

V Peut-être mourait-il à temps pour le saint-siège et la chrétienté, pour l’honneur de son nom et le repos de la conscience de Catherine. Il avait la nostalgie de la France, se croyait un exilé à Rome, vivait solitaire et triste au fond du Vatican. Déjà on murmurait à son oreille des conseils de fuite ; il souhaitait de revoir le ciel de Provence. Le bruit de son départ probable inquiétait la ville. La vie lui manqua tout à coup à l’heure où, par un acte de faiblesse, il pouvait jeter l’église dans une catastrophe.
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Portrait de Émile Gebhart Émile Gebhart Sainte Catherine de Sienne

Tel fut le pape étrange que Catherine de Sienne appelait « mon père très doux. » Le spectacle de ce pontificat eût-il pu obscurcir la foi que « la sainte dame » avait en sa mission, et lui inspirer quelque regret d’avoir ramené la papauté de France en Italie, au siège du premier apôtre, à la pierre angulaire de l’église ? Les mystiques et les prophètes ont des grâces d’état : si indignes que soient les instrumens terrestres dont Dieu se sert pour réaliser ses desseins, ils savent que ceux-ci sont excellens et que les misères humaines n’en altèrent point la beauté.
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Portrait de Émile Gebhart Émile Gebhart Sainte Catherine de Sienne

La ville du XIVe siècle est demeurée intacte, et l’œuvre néfaste qui, en quinze ans, a détruit Rome, ne touchera pas Sienne de si tôt. Il n’est pas possible, à moins de tout abattre, d’édifier entre ses murs les triomphantes masures qui s’étalent aujourd’hui sur l’Esquilin, aux jardins de Salluste, à la villa Albani, et coudoient insolemment Saint-Jean de Latran. Sienne est toujours la commune du moyen âge, moins austère que Florence, plus familière, moins pénétrée par la vie moderne. Les habitans y parlent, avec une bonne humeur constante, l’italien le plus pur de toute la péninsule.
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