“ Touron O. P. — La Vie de saint Dominique Guzman, fondateur de l’Ordre des Prêcheurs, avec l’histoire abrégée de ses premiers disciples, Paris, 1739, in-4o. Faite avec une certaine critique, d’après les sources primitives ; elle nous a été de quelque utilité.Mamachi O. P. — Annales Ordinis Prædicatorum. Rome, 1756, t. I, seul paru, in-fo.OUVRAGES MODERNES.Lacordaire O. P. — Vie de saint Dominique, parue en 1840, in-8o, lorsque le grand écrivain travaillait à rétablir en France l’Ordre des Prêcheurs, dans lequel il venait d’entrer ; vaut beaucoup plus par la forme que par le fond. ”
Dominique de Guzmán
Définition et enjeux
Citations sur “Dominique de Guzmán”
Hispaniola, perle des Antilles…
“ MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES DE LA REPUBLIQUE DOMINICAINE. Il était né dans l'illustre cité capitale, Athènes du Nouveau Monde, dans l'antique Saint-Domingue de Guzman, que bercent les mélodies du rossignol, la suave caresse de la brise parfumée, et la vieille chanson que murmure la mer. C'est là que, pour la première fois, ses yeux s'ouvrirent à la lumière. L'enfant devint homme et il fut homme, en vérité. Homme de bien, homme d'élite, aussi vigoureux de corps que d'esprit. ”
Théodore Boudet Puymaigre, La cour littéraire de Don Juan II, roi de Castille… (1873)
“ « Homme de grand cœur, très-hardi et entreprenant, il avait la démarche, la parole et les allures d'un chevalier plus que d'un prélat. Ses intentions étaient bonnes, mais avec ses formes àpres et dures il gàtait tout. » Soupçonné de partager les sympathies politiques de son parent, Guzman se retira dans sa seigneurie de Batres. ”
Manuel José Quintana,
Un aïeul de l'impératrice, ou Guzman le Bon
(1853)
“ Muni de toutes ces richesses, Guzman retourna à Fez où le roi, pour le récompenser dignement, lui abandonna une partie des sommes payées que le chevalier partagea entre lui et ses soldats. Grâce à ce service, à ses vertus et aux talents dont il fit preuve, notre héros acquit une position telle à cette cour, que AbenJoseph se plut à lui accorder toute son estime et toute sa confiance. Le pouvoir et le crédit qu'il parvint à se créer en Afrique, eurent leur retentissement en Castille au moment où le pays, divisé par deux factions, était sur le point de voir éclaler une révolution déplorable. ”
Franc̜ois Xavier de Feller, Biographie universelle des hommes qui se sont fait un nom par leur génie… (1867)
“ GUZMAN (Alphonse-Pérez de) , fameux capitaine espagnol, né à Valladolid en 1256, s'acquit d'abord beaucoup de gloire dans plusieurs combats contre les infidèles ; mais l'infant don Sanche s'étant révolté contre son père Alphonse X, dit le Sage, Guzman, pour ne pas se mêler de ces querelles, s'exila de sa patrie , et s'attacha au service du roi de Navarre, avec lequel son pays était alors en paix. Après y avoir acquis beaucoup de réputation et de richesses, il revint en Castille, où il donna commencement à la maison des ducs de Médina-Sidonia. ”
Manuel José Quintana,
Un aïeul de l'impératrice, ou Guzman le Bon
(1853)
“ Dans une notice qui prérôde un opuscule purement littéraire, je ne suivrai pas Quintana sous toutes les phases de sa vie diplomatique. Passant sous silence les nombreux emplois dont il s'est acquitté si dignement et qui l'ont élevé à une haute position sociale, je me contente de dire que l'auteur de Guzman le Bon, membre de l'Académie de Saint-Ferdinand et de plusieurs sociétés économiques et littéraires, est une preuve incontestable que l'Espagne, ingrate autrefois envers ses meilleurs enfants, sait aujourd'hui récompenser le patriotisme et le talent aussi bien qu'elle sait les produire. ”
Xavier Marmier,
Lettres sur l'Amérique. T2
(1881)
“ Repoussés de toute part, ils essayèrent d'y mettre le feu, en jetant sur le toit des flèches garnies à leur extrémité de matières combustibles. Le courage et la présence d'esprit des assiégés sauvèrent la faible cité de ce péril, mais elle fut bloquée et en peu de temps réduite à la famine. Après avoir épuisé leurs provisions, les Espagnols en vinrent, dit Guzman, à se nourrir de serpents, de crapauds et d'autres animaux immondes, puis à dévorer des cadavres. ”
J V Gallien, Exercices gradués sur la grammaire française… (1872)
“ Fût-ce la mort, Íussent mille morts, toutes il les méprise. Mais ne lui demandez pas une action qui puisse être réprouvée par sa conscience. L'honneur de Guzman, c'est le plus pur joyau : le moindre souffle le ternit, la moindre tache le souille. Il s'était distingué sous le règne d'Alphonse X par les services éclatants qu'il lui avait rendus contre les Maures. Il n'en rendit pas de moins signalés à son fils Sanche IV, pour lequel il fit la conquête, alors très-importante, de Tarifa. ”
Henri de Suckau, Les grandes voies du progrès : Suez et Honduras… (1869)
“ Il se croyait bon et sincère patriote et n'obéissait qu'à trois sentiments : son amour pour sa femme, son penchant pour la guerre et sa haine contre Morazan. La révolution opérée par Carrera n'avait nullement rétabli la tranquillité ; ainsi les habitants de Guatemala demandèrent qu'on lui rendît les armes qu'il avait livrées à Guzman quelques jours après la bataille de Villa Nueva. S'appuyant sur les clauses du traité, le gouverneur de Los Altos refusa. Car- rera marcha contre lui et le fit prisonnier d'autant plus facilement que ses troupes avaient abandonné Guzman. ”
Théodore Boudet Puymaigre, La cour littéraire de Don Juan II, roi de Castille… (1873)
“ On a donc eu sous les yeux et l'esquisse vivement tracée et le portrait achevé et cependant en fermant les Generaciones y semblanças, je crois n'avoir pas réussi à faire connaître, autant que je l'eusse désiré, ce curieux musée où revit l'Espagne de D. Juan II. Encore quelques mots sur l'œuvre de Guzman. Le style en est très-nerveux, très-concis, ce qui en rend la traduction difficile. Guzman n'a ni l'abondance de Plutarque, ni le laisser aller et les commérages de Brantôme, ni les médisances et les petites anecdotes de Tellemant des Réaux. Quelquefois il fait penser à Saint-Simon. ”
L'impératrice : notes et documents (1877)
“ Greffant sur sa propre illustration, l'illustration presque royale des Portocarrero, cette lignée de grands politiques et de grands capitaines, l'illustration héroïque des Guzman, ces martyrs de l'honneur et du devoir, dont la devise était le cri d'Alonzo de Guzman, gouverneur de Tarifa : Mas pesa el Rey que lo sangre (Mieux vaut mon roi que mon sang) , elle avait accru ses États, ses dignités et ses titres, était devenue une des hautes et des plus grandes de l'Espagne moderne. ”
Manuel José Quintana,
Un aïeul de l'impératrice, ou Guzman le Bon
(1853)
“ Considéré comme le premier personnage de l'Andalousie, Guzman, cependant, défendit cette province contre les invasions des rois de Portugal et de Grenade, et assura sa tranquillité par la manière sage dont il la gouverna. Dans une sortie qu'il dut faire de Séville pour contenir les Portugais, cette cité courut le risque de se perdre. A la suite d'un différend surienu entre ses habitants et les Génois au sujet de rapports commerciaux, le peuple, s'étant ameuté, tua quelques gens de celle nation, pilla et brûla leurs maisons. ”
Manuel José Quintana,
Un aïeul de l'impératrice, ou Guzman le Bon
(1853)
“ En raison des rapports continuels que nécessitaient les luttes des deux nations qui se disputaient la domination de l'Espagne, il n'était pas rare de voir les chrétiens aller prendre du service chez les Maures, et les Maures venir combattre pour les chrétiens. Aben-Joseph, après sa défaite, s'étant retiré à Algésiras, Guzman se rendit auprès de lui et lui promit de l'aider dans toutes ses entreprises, excepté dans les guerres qui pourraient être déclarées au roi de Castille et aux princes de sareligiou. ”
Théodore Boudet Puymaigre, La cour littéraire de Don Juan II, roi de Castille… (1873)
“ Si Guzman n'avait pas ajouté une troisième partie à sa compilation, il n'occuperait pas dans la littérature espagnole une place aussi distinguée. C'est cette troisième partie qui est son chef-d'œuvre. Ici, il ne met plus à contribution de vieux et crédules chroniqueurs. Il parle de ses contemporains, d'hommes qu'il a vus, connus, aimés, haïs. Il les montre vrais, vivants. ”
Xavier Marmier,
Lettres sur l'Amérique. T2
(1881)
“ Lucia fut brûlée vivante; Hurtado, attaché à un arbre et criblé de flèches jusqu'à ce qu'il eût rendu le dernier soupir. « Lucia, dit Guzman, se soumit courageusement à son martyre et mourut en invoquant le nom de Dieu. Hurtado, pendant que les Indiens lui lançaient leurs flèches, avait les yeux levés au ciel et priait le Seigneur de lui pardonner ses péchés. » C'en était fait du premier essai de colonie européenne sur les bords du Rio de la Plata, quand un riche gentilhomme, Pedro de Mendoza, obtint le gouvernement de ces régions. ”
“ Je n’ai jamais quitté une personne par préférence pour une autre ; je ne me dégage que quand on m’y oblige absolument, et je n’en suis pas là avec Guzman. — Guzman ! s’écria Mourzakine en éclatant de rire, il s’appelle Guzman ? — Est-ce que ce n’est pas un joli nom ? dit Francia, interdite. — Guzman, ou le Pied de mouton ! reprit-il riant toujours, on nous a parlé de ça là-bas. Je sais la chanson : Guzman ne connaît pas d’obstacles !... — Eh bien ! oui, après ? Le Pied de mouton n’est pas une vilaine pièce, et la chanson est très bien. Il ne faut pas vous moquer comme ça ! ”
Georges Daumet, Mémoire sur les relations de la France et de la Castille de 1255 à 1320 (1913)
“ On sait que ne pouvant venir à bout de la résistance qui lui était opposée, il eut l'infamie de menacer Guzman, s'il ne rendait la place , de faire périr un de ses fils qui se trouvait par hasard en son pouvoir; on connaît le geste sublime du père, lançant lui-même pardessus le rempart le couteau qui devait servir à égorger son enfant et sa réponse héroïque que s'il avait cinq fils, il préférait les voir immoler sous ses yeux que de rendre une forteresse à lui confiée par le roi (Cf. Cronica de D. Sancho IV dans les Cronicas de los reyes de Caslilla, coll. Rivadeneyra, t. I, p. 89, col. 1) . ”
George Sand,
Un bienfait n’est jamais perdu
“ Tu resteras seulement pour dire à Guzman: «—Ma soeur est partie, vous ne la reverrez plus. Je ne sais pas où elle est; elle vous laisse le châle bleu et la parure d'acier que vous lui avez donnés... Voilà.»—C'est arrangé comme ça? dit Théodore stupéfait... Alors tu me plantes là aussi, moi? Deviens ce que tu pourras? Et allez donc! Va comme je te pousse!—Tu sais bien que non, Dodore, tu sais bien que je n'ai que toi. Voilà quatre francs, c'est toute ma bourse aujourd'hui; mais c'est de quoi ne pas jeûner et ne pas coucher dehors. ”
Alain-René Lesage,
Histoire de Gil Blas de Santillane
“ Pour doña Maria de Guzman, qui sans contredit est aujourd’hui le premier parti d’Espagne, c’est une personne accomplie et l’idole de son père. Réglez-vous là-dessus ; faites bien votre cour à ces deux dames, et paraissez encore plus dévoué au comte d’Olivarès que vous ne l’étiez au duc de Lerme avant votre voyage de Ségovie : vous deviendrez par ce moyen un homme comblé d’honneurs et de richesses. ”
Lope de Vega,
Chefs-d'oeuvre du théâtre espagnol…
(1861)
“ Comme ce jeu de paume se trouvait dans le même quartier, j'y entrais à toute heure, tantôt jouant moi-même, tantôt me bornant au rôle de spectateur. A l'une des extrémités de la uUe, on a sculpté en relief les armoiries des Guzman. Au-dessous du casque, au milieu de la couronne qui entoure l'écu, est représenté le grand Alonzo Perez de Guzman, que l'on a surnommé le Mrave. au moment où sur le rempart de Tarife il jette sa dague à un Maure pour qu'on tue son propie fils : action véritablement espagnole. ”
Théodore Boudet Puymaigre, La cour littéraire de Don Juan II, roi de Castille… (1873)
“ Qui sait mal obéir ne commande pas bien. Pibrac résume en un seul vers la même pensée : Je ne vis onc prudence avec jeunesse, Bien commander sans avoir obéi, Être fort craint et n'être point haï, * Être tyran et mourir de vieillesse. Le dégoût que causaient à Guzman des mœurs et des vices dont il fut quelquefois le peintre énergique et qui le poussait vers des méditations philosophiques, l'engagea aussi à entreprendre une œuvre de nature toute différente. ”
Manuel José Quintana,
Un aïeul de l'impératrice, ou Guzman le Bon
(1853)
“ Il proposa aux Sévillans de s'imposer une contribution pour indemniser les Génois des dommages qu'ils avaient soufferts. Cet avis fut approuvé par tous les hommes de bien de Séville; on entra en accommodement avec les Génois, et les maux qu'on redoutait de leur part disparurent.Il n'était pas aussi facile de détourner ceux qui menaçaient du côté des Maures. S'il n'y eût eu besoin que de les vaincre, l'avantage que, dans toutes les rencontres, Guzman remporta sur -eux avec son armée sévillane,- aurait suffi pour leur rendre la paix désirable. ”
Alain-René Lesage,
Histoire de Gil Blas de Santillane
“ Quoique tous les Guzmans eussent une haine mortelle pour ce jeune seigneur de fraîche date, ils la dissimulèrent par politique ; il y en eut même qui affectèrent de rechercher son amitié ; les ambassadeurs et les grands qui étaient alors à Madrid le visitèrent, et lui firent tous les honneurs qu’ils auraient rendus à un enfant légitime du comte-duc. Ce ministre, ravi de voir encenser son idole, ne tarda guère à la parer de dignités. Il commença par demander au roi pour don Henri la croix d’Alcantara, avec une commanderie de dix mille écus. ”
Manuel José Quintana,
Un aïeul de l'impératrice, ou Guzman le Bon
(1853)
“ Notre flotte venant de gagner une victoire sur les Barbaresques, et de leur prendre treize galères, l'occasion parut favorable à Don Sanche d'investir Tarife, place importante, située sur la cOte; et l'une des portes qui ouvraient aisément la route de l'Espagne aux Africains. L'argent manquait pour l'entreprise; Guzman le fournit; et l'armée étant réunie sous ses ordres, il attaqua Tarife par terre et par mer. Le siège dura six mois, pendant lesquels Guzman ne cessa de se montrer la tête la plus sage au conseil, comme le bras le plus ferme au combat. Les Maures se défendirent avec intrépidité ”
Théodore Boudet Puymaigre, La cour littéraire de Don Juan II, roi de Castille… (1873)
“ Pour se consoler du triste spectacle que lui offrait l'Espagne de son temps, il voulut célébrer les antiques gloires de sa patrie et écrivit sous ce titre : « Les hommes illustres de l'Espagne » (Los claros varones de Espana) ' quatre cent neuf octaves qu'il dédia à un de ses neveux, D. Fernan Gomez de Guzman. A ce seigneur est adressé un prologue dans lequel le poète expose son dessein et s'excuse de la manière dont il l'a exécuté. Il vit, raconte-t-il, entre les laboureurs et parmi eux il a perdu l'art de bien dire, mais si le style de son livre est faible, l'invention en est subtile. ”
J V Gallien, Exercices gradués sur la grammaire française… (1872)
“ Ils reparurent sous ses mu- railles. A leur air, à leur nombre, on jugea que la victoire serait disputée. Ils avaient amené avec eux don Juan, le fils même du roi Sanche, et le tout jeune fils de Guzman que l'on savait leur prisonnier. Quelle trahison s'était donc ourdie? L'affreuse trame fut bientôt dévoilée. oc Tarifa va être remise entre mes mains », s'écrie don Juan, « ou le fils de Guzman va périr ». Et l'enfant était M sur le glacis, et le couteau prêt à lui percer le sein. • « Don Juan, as-tu apostasié ta foi en compagnie des Maures? » répond Guzman. ”
James Fenimore Cooper,
Mercédès de Castille
“ Guzman lui-même n’a pas cru avoir une autorité suffisante pour se charger d’un si vaste projet. Si nous faisions nos découvertes sans la sanction d’un grand monarque, nous aurions travaillé pour les autres ; nous n’aurions aucune garantie pour nous-mêmes ; le Portugal ou quelque autre puissance nous ravirait tout le fruit de notre entreprise. Je sens que je suis destiné à cette grande œuvre ; mais elle doit être faite d’une manière convenable à la majesté de la pensée qui l’inspira, et à la grandeur du sujet. — Mais ici, don Luis, il faut nous séparer. ”
Théodore Boudet Puymaigre, La cour littéraire de Don Juan II, roi de Castille… (1873)
“ Les Generaciones y semblanças ne sont. point des biographies ; Guzman n'y raconte pas d'une manière suivie la vie des personnages les plus notables de son temps. Il s'occupe de leur aspect, de leurs caractères et non de leurs actions. Il fait des portraits et les fait bien. J'ai précédemment emprunté à Fernan Perez des pages sur D. Juan II, sur D. Alvaro de Luna, sur D. Enrique de Villena, est-ce assez pour que l'on se rende compte de sa manière d'écrire ? ”
Alain-René Lesage,
Le Diable Boiteux
“ Avant-propos. 412 Chap. H. Quels furent les parents de Guzman, et particulièrement son père. 413 Chap. IH. Guzman raconte comment son père fit connoissance avec une dame , et ce qu’il en arriva. 415 Chap. IV. Le père de Guzman se marie, et meurt peu de temps après son mariage. Suite de cette mort. 418 Chap. V Guzman quitte sa mère et sort de Se ville Sa première aventure dans une hôtellerie. 420 Chap. VI. Il rencontre un ânier et deux ecclésias- tiques. De la conversation qu’ils eurent ensem- ble, et de quelle façon lâriier et lui furent régalés dans une hôtellerie à Cantillana. 421 Chap. ”
