“ Puis, s’adressant aux religieux, il leur recommanda de garder la chasteté : « La miséricorde de Dieu, leur dit-il, m’a conservé jusqu’à ce jour une chair pure et une virginité sans tache. Si vous désirez la même grâce, fuyez toute relation suspecte. C’est le soin de cette vertu qui rend le serviteur agréable à Dieu, et lui donne crédit auprès du peuple. Servez toujours le Seigneur dans la ferveur de l’esprit ; soutenez et étendez notre Ordre naissant, soyez fermes dans la sainteté et l’observance de la règle ; croissez en vertu ! » ”
Jean Guiraud
Élements biographiques
Jean Guiraud (1866-1953), historien et journaliste français, fut professeur à l’université de Besançon et rédacteur en chef de La Croix. Spécialiste de l’histoire de l’Église, ses travaux, comme L’Inquisition médiévale ou Saint Dominique, examinent les institutions religieuses et les conflits doctrinaux, mettant en évidence l’évolution des pratiques ecclésiastiques et leur influence sociale.
Son œuvre, rigoureusement documentée, questionne les liens entre autorité, croyance et répression, illustrée par ses réflexions sur la sainteté et la lutte contre les hérésies.
Citations de Jean Guiraud
Jean Guiraud, L'Inquisition médiévale
“ « Notre pape ne tue ni n’ordonne qu’on tue personne ; c’est la loi qui tue ceux que le pape permet de tuer et ce sont eux-mêmes qui se tuent en faisant des choses pour lesquelles ils doivent être tués. » De nos jours, on a dit que dans les procès se terminant par l’exécution du coupable, l’inquisiteur n’agissait qu’à la manière d’un expert constatant le crime contre lequel le pouvoir civil avait déjà décrété la mort, et qu’en réalité le responsable de la mort c’était la juridiction qui l’avait ordonnée c’est-à-dire le pouvoir civil. ”
Jean Guiraud, L'Inquisition médiévale
“ C’est d’après la même méthode que nous avons exposé la doctrine et l’action des Vaudois, des Spirituels, des fraticelli, et des lollards, des sorciers et des juifs, telles que la voyaient les juges du Saint-Office qui les poursuivaient. Un tel exposé fait comprendre les raisons d’ordre religieux, politique et social qui ont ainsi dressé l’une contre l’autre l’hérésie et l’Inquisition ; or l’historien ne doit pas se contenter de décrire les institutions, il doit encore les faire comprendre et leurs raisons d’être il doit les demander non pas à ses idées a priori mais aux faits eux-mêmes. ”
