Charles-Victor Prévost d’Arlincourt

Charles-Victor Prévost d’Arlincourt

Résumé

Portrait de Charles-Victor Prévost d’Arlincourt Charles-Victor Prévost d’Arlincourt Le Solitaire

Seuls au milieu de nos montagnes, loin des puissances humaines, entourés d’un nuage d’amour et de voluptés, nous passerons à travers la vie, invisibles et fortunés : nos jouissances inconnues n’éveilleront point l’envie. Hélas ! j’ai connu les grandeurs, et j’ai appris à les haïr ; j’ai possédé les richesses, et je les ai rejetées ; j’ai été chéri de la gloire, et je l’ai maudite. Ô vierge pure ! en notre vallon de misères, aimer est le seul bien suprême. Auréole du cœur ici-bas, oui l’amour est un rayon échappé des félicités célestes, un aperçu des délices de l’autre vie : réponds, Élodie !
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Portrait de Charles-Victor Prévost d’Arlincourt Charles-Victor Prévost d’Arlincourt Le Solitaire

Je ne vois dans le comte arrêtant mes pas qu’un assassin prêt à me frapper : le repoussant avec fureur, je le montre à mes guerriers, et je m’écrie : — « Voilà le chef des conjurés ! »
À l’instant Saint-Maur, entouré de mes barbares satellites, est frappé d’un glaive homicide. De lâches courtisans zélés pour le crime, et feignant de servir le prince et la patrie, s’empressent d’immoler un chef dont ils haïssaient la morale austère. Élodie ! votre infortuné père tomba mort à mes pieds ; mais du moins, j’en atteste le Ciel, ma main ne s’est point baignée dans son sang.
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Portrait de Charles-Victor Prévost d’Arlincourt Charles-Victor Prévost d’Arlincourt Le Solitaire

À ces mots il va quitter la cabane. Rien ne l’épouvante, ni la forêt, ni les torrens, ni la pluie, ni les ouragans, ni les ténèbres. Ses vêtemens sont trempés ; ses membres sont engourdis par le froid ; Anselme n’a rien remarqué, Anselme n’a rien senti : son âme ardente et pieuse a comme oublié son enveloppe mortelle ; il rachèterait avec transport au prix de sa vie l’anathème qu’il a lancé.
Jetant un dernier regard sur le duc de Bourgogne, il revient sur ses pas, et soulevant la main glacée du prince : — « Infortuné !... dit le vieillard, une fois dans ma vie j’ai donc été barbare !
»
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