“ C’est qu’elle quitte l’aiguille et la navette pour endosser la robe de l’apostolat ; c’est qu’elle vienne, elle que l’homme ne pourra repousser, leur dire et ce qu’il y a d’impuissant dans leur morale pour le bonheur du monde, et tout ce qu’il y a à espérer de paix, d’ordre, de bonheur, dans ce qu’elle veut pour l’avenir. Nous en avons la foi : quand la femme aura parlé, on ne condamnera plus, on ne s’effraiera plus, parce qu’il appartient à la femme, de concert avec l’homme, d’apporter au monde paix, ordre et bonheur. ”
Collectif
Résumé
“La Femme libre”, est une œuvre de Collectif. Des thèmes tels que le bonheur, moralisation ou la prostitution y sont abordés.
Citations de La Femme libre (Collectif)
“ Dans l’avenir, une auréole de gloire les attend. Élevons la voix, réclamons notre place dans la cité, dans le temple nouveau qui reconnaît à la femme des droits égaux aux droits de l’homme. L’association universelle commence ; il n’y aura plus parmi les nations que des rapports industriels, scientifiques et moraux ; l’avenir sera pacifique. Plus de guerre, plus d’antipathie nationale, amour pour tous. Le règne de l’harmonie et de la paix s’établit sur la terre, et le moment est arrivé où la femme doit y avoir sa place. ”
“ Peuvent-ils être tellement ignorans sur les mœurs de notre siècle, qu’ils ne sachent qu’il n’y a que douleur, que déchirement à attendre dans le monde, tel qu’il est organisé ? Ils ne peuvent se dissimuler le grand nombre d’époux qui vivent en mésintelligence ; et quand je dis en mésintelligence, je n’entends pas parler seulement de ceux qui sont en guerre ouverte, mais aussi de ceux qui ne s’aiment pas assez pour trouver du charme même à souffrir ensemble, et qui s’aiment assez peu pour ne pouvoir trouver dans leur amour mutuel les consolations qui leur feraient oublier les peines de la vie. ”
“ Je me serais alors adressée à mes compagnes : rejetez dans le vieux monde, leur aurai-je dit, les mesquines jalousies, les vains titres, rapprochons-nous de la nature, ne soyons fiers que de remplir les obligations qu’elle nous impose ; ne sommes-nous pas toutes amantes, épouses et mères, mères ! Ce lien divin qui nous unit sera dans l’avenir, j’en suis convaincue, notre plus beau titre de gloire ; en parlant du genre humain, on cessera de dire les fils des hommes, on dira les enfans de la femme ! ”
“ Nous sentons vivement les peines et les privations de tous genres qui nous attendent si nous courbons la tête sous le joug des préjugés ; mais nous sentons aussi que le bonheur n’est pas où beaucoup le croient. Nous ne nous effrayons pas de l’anathème que plusieurs lanceront contre nous, fortes comme nous sommes de la conviction intime qu’un jour ils avoueront qu’ils s’étaient étrangement trompés en croyant voir dans notre amour pour la liberté un penchant vers la licence. ”
“ Quand un homme grand et puissant proclamait que les femmes devaient être libres, je refusais la liberté : mais tout en la refusant, je réfléchis, j’examinais, et je reconnus que ce n’est point la liberté qui amène la licence mais bien plutôt l’esclavage : Lorsqu’on a long-temps subi un joug, on se lasse de le porter, on le secoue, c’est ce qui a eu lieu en religion, en morale, en politique. Depuis longtemps, le monde s’élève contre la loi chrétienne, et le désordre existe, ce n’est pas nous qui viendrons l’augmenter. ”
“ Liberté, égalité,... c’est-à-dire libre et égale chance de développement pour nos facultés : voilà la conquête que nous avons à faire, et nous ne pouvons l’obtenir qu’à la condition de nous unir toutes en un seul faisceau ; ne formons plus deux camps : celui des femmes du peuple ; celui des femmes privilégiées ; que notre intérêt nous lie. Pour atteindre ce but, que toute jalousie disparaisse parmi nous. Honneur au mérite, place à la capacité, de quelque côté qu’ils se présentent. ”
“ Que leur faut-il de plus que les souillures et les douleurs innombrables de la chair, pour leur faire voir qu’elle ne peut, qu’elle ne doit pas être soumise à l’esprit, mais bien marcher son égale. Qu’attendent-ils donc pour être convaincus que des élémens de progrès, des principes de moralisation, plus puissans que ce qu’ils ont imaginé dans leur morale toute spirituelle, sont renfermés dans ces vices sur lesquels ils ne savent que jeter anathème. Ce qu’ils attendent sans doute, c’est que la femme s’unisse à l’homme pour formuler la loi nouvelle. ”
“ CROISADE PACIFIQUE. Femmes ! le temps est venu où, pouvant nous appuyer sur une religion qui sera aussi déclarée divine quand tous la comprendront. Nous devons unir nos voix à celle de ces hommes généreux, qui nous ont consacré leur vie entière, et réclamer sous leurs auspices notre affranchissement définitif, dire ce que nous entendons par liberté, comment nous la voulons, et l’usage que nous en saurons faire pour le bonheur de l’humanité... ”
“ AFFRANCHISSEMENT DES FEMMES. Il est bien naturel et bien légal ce désir que nous avons de nous rendre libres et de nous débarrasser des entraves qu’apportèrent jusqu’à présent sur notre route les mœurs et les convenances ; et quoi qu’on en dise, il est grand et sublime pour une femme de ne vouloir ni esclavage ni déshonneur, et d’élever la voix contre ce monde qui ne lui offre que l’un ou l’autre. ”
“ M. de Brémont, votre système c’est de n’en point avoir, et d’aller pour ainsi dire au jour le jour. En vérité, dans une œuvre aussi fortement conçue, vos dames auront de l’activité, car ordinairement, je conviens que nous ne sommes pas pour les raisonnemens de longue haleine, mais excellentes pour l’inspiration du moment. Aussi, dans votre conseil, elles vont être en majorité ; la puissance morale aura ses représentantes, le règne de l’Amour va s’établir sur cette heureuse terre : nouvel Eden, bien supérieur au premier, où il n’y avait que l’absence du mal, ici il y aura bonheur complet. ”
“ Femmes de toutes les classes, vous avez une action puissante à exercer ; vous êtes appelées à répandre le sentiment d’ordre et d’harmonie partout. Faites tourner au profit de la société le charme irrésistible de votre beauté, la douceur de votre parole entraînante, qui doit faire marcher les hommes vers un même but. Venez inspirer au peuple un saint enthousiasme pour l’œuvre immense qui se prépare. Venez calmer l’ardeur belliqueuse des jeunes hommes, l’élément de grandeur et de gloire est dans leur cœur. ”
“ La prostitution est encore ailleurs, car elle habite les somptueux palais, les hôtels élégans aussi bien que la sale masure de la rue détournée. Oui, la prostitution est partout ; elle est chez la jeune fille du peuple qui, trompée par son innocence, s’en va grossir le nombre des victimes dont un adroit séducteur se fait une révoltante auréole pour l’abandonner ensuite en des mains encore plus indignes que les siennes. ”
“ Eh bien, femmes ! venez, car DIEU est là où s’accomplit une œuvre sociale ; DIEU est là où l’on pense à sauver du précipice ceux qui sont prêts à y tomber. Nous en avons beaucoup à sauver, car beaucoup de femmes rêvent la gloire et cherchent par quels moyens elles pourront y arriver. N’en trouvant aucun, elles pourraient faire fausse route et prendre pour de la gloire ce qui ne serait que le plaisir d’un moment. ”
“ Selon lui une femme doit se renfermer dans le cercle de la vie domestique et dans les fêtes et les plaisirs qu’il lui permet : il lui impose tant de contrainte et tant de gêne que le plus souvent ses plaisirs et ses fêtes ne sont que des corvées ! Et à présent qu’il nous entend parler de liberté, nous, femmes, il s’indigne, parce que, hors l’esclavage, il ne connaît que la prostitution ! Erreur : la liberté que nous voulons repousse l’une autant que l’autre. ”
“ Ils veulent faire cesser ce conflit qui existe entre les différentes natures ; ils veulent que ceux qui trouvent leur bonheur dans une union durable, n’aient pas à craindre de voir cette union souillée par l’adultère, et que ceux qui sont d’une nature vive, puissent changer, mais changer sans déshonorer les familles, sans porter le désordre dans les ménages, la douleur et le remords dans le cœur des femmes, changer en se proposant un but de moralisation sur ceux qu’ils auront puissance de moraliser. ”
“ DE LA PROSTITUTION. Le monde en général ne comprend dans ce mot prostitution que ces femmes qui, au nombre de trente-cinq mille, s’en vont chaque soir, à l’ombre d’une permission de la police, offrir à tous les passans leurs charmes dégradés et flétris par des caresses impures que la grossièreté et l’insulte accompagnent ; rebuts de la société et des hommes qui en détournent les yeux avec dégoût après les avoir abreuvées de leur ignominieuse tendresse. ”
“ Je demande de l’impartialité des hommes la pleine et entière liberté de faire des réunions de femmes, où seront discutées ces théories déclarées immorales. J’en appelle à la franchise de toutes les femmes aimantes, de toutes les mères de famille, pour examiner cette grave question, et si cette doctrine est vraiment immorale, leur cœur, aussi vrai que la science des hommes, la leur fera rejeter. ”
“ Oui, la femme a dû être soumise tant que le pouvoir de l’épée fut celui qui régla la société, mais du jour où il sera remplacé par celui de l’industrie, elle doit et peut devenir l’égale de l’homme, car si elle ne l’égale pas en force physique elle l’égale en amour et en intelligence. Et c’est pour ces doctrines que l’on a condamné des hommes qui ainsi que vous le voyez, loin de vouloir le malheur de personne viennent pour assurer le bonheur à tous, en faisant cesser la misère qui est la cause continuelle des émeutes ”
“ Au milieu de leur désespoir, des hommes sont venus à elles, ils leur ont parlé d’amour, de bonheur, elles ont cru à leurs paroles, elles se sont vendues croyant se donner, le monde les a repoussées... elles ont été perdues !... Oh ! femmes, c’est au nom de Dieu que je vous invite à concourir à l’œuvre que nous entreprenons pour sauver à notre sexe la honte et l’humiliation qu’il subit par la prostitution. ”
“ Il y aura du bonheur pour vous et vous pourrez sortir dans les rues, sans rencontrer ces douleurs qui vous font frémir aujourd’hui. Pour la morale on a dit qu’ils détruisaient les droits des hommes ; oui, ils détruisent la suprématie qu’ils exercent sur les femmes, mais je le demande à tout homme de bonne foi, ne serait-il pas plus heureux si au lieu d’avoir à gouverner une femme qui se révolte contre son autorité, non pas peut-être ouvertement, mais par la ruse, le mensonge. ”
“ Pouvait-il en être autrement, quand pesaient sur nous des obligations que notre nature nous rendait inobservables ; et comment serions-nous fausses quand on ne nous fera plus un crime d’être ce que Dieu nous a faites, des femmes aimantes ? Et, par la même raison, comment l’effronterie trouverait-elle place chez nous, quand on ne nous fera plus un devoir de cette froide réserve, si gênante pour certains caractères ? La liberté donnera l’essor au génie de la femme, à toutes ses facultés intellectuelles ”
“ Elle est chez toi, fille de la classe privilégiée, toi dont l’enfance fut entourée de tant de soins, ta jeunesse de tant d’hommages ; toi, dont le sentiment délicat fut si bien développé par une éducation maternelle, on va te vendre aussi ; ton père te donnera pour époux, non pas celui qui sera le plus digne de toi, mais celui qui, t’apportant la plus grande somme d’argent, pourra richement acheter ta personne et ta dot ; pauvre fille ! tu es donc aussi condamnée à donner tes caresses à un étranger que tu ignores et qui ne te connaît pas, qui ne te comprendra peut-être jamais. ”
“ Que tout homme en nous lisant, en nous voyant, s’abstienne de nous juger, s’il ne comprend pas la haute moralité qui nous fait agir, et la foi religieuse qui nous donne la force de vaincre la réserve dont notre éducation nous avait enveloppées, pour venir révéler hautement ces profonds mystères d’un cœur de femme qui, suivant qu’ils sont développés ou réprimés produisent une source féconde des plus sublimes vertus ou un gouffre de vices et de dissimulation... ”
“ Oui on les a condamné les hommes qui prêchent ces doctrines, et ils subiront leur condamnation, leur foi est assez grande pour tout supporter. Ils savent que l’humanité leur tiendra compte de ce qu’ils font pour elle. Oui le jour où l’humanité jouira du bonheur qu’ils travaillent à lui donner, elle reconnaîtra que ce sont eux qui le lui ont fait conquérir, et elle bénira leur nom comme elle a béni celui des Apôtres du Christ. ”
“ Pratiquant la morale chrétienne aussi rigoureusement que ceux même qui jugent tout par elle, nous serons liées à eux par nos actes, par notre amour du devoir et de l’ordre. Mais aussi nous serons liées à ceux qui la renient, par l’appréciation que nous savons faire de leur nature, par notre abandon et le désir qui est en nous de les amener à la loi qui, en les réhabilitant fera cesser les maux et les désordres dont ils sont souvent les auteurs. ”
“ Nous voulons être libres afin d’acquérir la sincérité et la dignité nécessaires au rôle de moralisation que la femme, par sa délicatesse, est appelée à remplir ; et le droit du seigneur était l’asservissement de la jeune fille innocente au très-haut et puissant seigneur, souvent débauché. La communauté des femmes est l’avilissement le plus complet de notre sexe. Elle existe, de fait, par la prostitution, et nous voulons la détruire pour l’avenir. ”
“ Le premier anneau de notre chaîne fut rompu, et notre liberté se continua au milieu de la licence, où durent être entraînées les femmes qui, n’ayant pas conscience de leur insubordination, n’eurent plus aucune règle pour les guider sagement dans le torrent de dissolution qui les emportait et qui fut la plus haute négation d’une morale trop exclusive pour être en harmonie avec les lumières de notre siècle. ”
“ Ainsi, placées entre ces deux camps si opposés, dont l’un est tout aussi exclusif dans sa régularité, que l’autre dans son désordre, nous emploierons toute notre puissance conciliatrice pour faire cesser l’antagonisme qui est entr’eux, et leur faire apprécier réciproquement leurs vertus et leur valeur, jusqu’au jour où leurs progrès mutuels leur permettront, non point de former un seul et même camp, mais de siéger ensemble dans le temple nouveau et d’être unis par un même amour, un même désir, l’harmonisation de l’intérêt particulier à l’intérêt social ”
“ Ne serait-il pas plus heureux s’il avait une femme qui étant son égale, partagerait ses droits mais aussi ses travaux, et ne serait pas comme aujourd’hui un meuble de salon ou un ustensile de ménage. Cela existe déjà de fait sinon de droit, car la femme du marchand partage les travaux de son mari, et se mêle de tout ce qui dépend de son commerce. ”
“ Venez donc dire au monde que ses lois vous font souffrir ; venez accuser le monde de vos désordres si vous en avez eus. Ne vous effrayez pas des combats que nous aurons à livrer et des obstacles que nous aurons à vaincre : gloire et bonheur sont au bout de la carrière. ”
“ Tout en comprenant la nature des femmes qui préfèrent l’abnégation à une satisfaction qui ne serait pas sanctionnée, tout en sachant apprécier l’esprit d’ordre et le noble orgueil qui les rend fidèles au devoir ; nous comprenons aussi la nature de celles qui n’ont pu se soumettre à une loi maintenant privée de cette douce religiosité qui remplit le cœur et rend le devoir plus facile. ”
Termes fréquents
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