Résumé

Delly La douloureuse victoire (1980)

Dans le jardin silencieux, un rire de femme, léger et doux, fusa tout à coup. Bruno prêta l'oreille. Ce n'était pas le rire de Claire. Ce n'était pas sa voix non plus qui prononçait ces mots :
— Elles sont admirables!
A l'entrée du berceau apparut Claire. Près d'elle se tenait une autre jeune fille, plus grande, vêtue de mauve, coiffée d'une capeline de paille légère qui couvrait d'ombre son visage rosé. Bruno, en se levant, rencontra un regard aucunement gêné, mais très intéressé.
— Ah! pardon, je ne te savais pas ici, dit Claire. Je venais montrer à Mlle Jarlier nos clématites.
Source : Gallica

Delly La douloureuse victoire (1980)

« Quelle fin de journée merveilleuse! » songea Bruno. Mais il ne jouissait pas de la beauté environnante avec l'enthousiasme très simple et très fervent qui lui était habituel. Il avait l'impression singulière d'une griserie subtile, qui changeait un peu à ses yeux l'aspect des choses et qui se dissipait lentement. Il pensait à Floriane, il se disait : « Comme elle m'écoutait bien! Elle sent le vide de son âme et la frivolité de sa vie. Elle cherche la vérité. Il serait doux, il serait beau d'amener cette âme à Dieu. »
Il se remémorait ses paroles, l'expression de sa physionomie.
Source : Gallica

Delly La douloureuse victoire (1980)

Il est le préféré de Bruno, parmi tous les enfants du patronage. Le ciel est dans ses yeux purs et son âme a gardé la blancheur baptismale. Le prêtre s'est détourné. Bruno voit l'énergique visage sérieux qui se penche un peu tandis que la main attentive met les grains d'encens sur les braises ardentes. La fumée odorante s'élève. Bruno cherche à l'aspirer...
Mais non, ce parfum n'est pas celui de l'encens. C'est l'autre, celui qu'il abhorre maintenant, ce parfum d'ambre et de violette qui l'a si longtemps grisé.
Le rêve était fini. Il sentait près de lui la présence de Floriane.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature