Résumé

Diderot L’Encyclopédie, 1re éd.

Si l’objet est vraiment beau, l’admiration dure ; si la beauté n’étoit qu’apparente, l’admiration s’évanoüit par la réflexion ; si l’objet est tel, que plus nous l’examinons, plus nous y découvrons de perfections, l’admiration augmente. Nous n’admirons gueres que ce qui est au-dessus de nos forces ou de nos connoissances. Ainsi l’admiration est fille tantôt de notre ignorance, tantôt de notre incapacité : ces principes sont si vrais, que ce qui est admirable pour l’un, n’attire seulement pas l’attention d’un autre. Il ne faut pas confondre la surprise avec l’admiration.
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Diderot L’Encyclopédie, 1re éd.

Il n’est peut-être aucun objet qui puisse affecter notre ame, sans lui être plus ou moins une occasion nécessaire de plaisir ou de déplaisir. Une figure, un ouvrage d’architecture ou de peinture, une composition de musique, une action, un sentiment, un caractere, une expression, un discours ; toutes ces choses nous plaisent ou nous déplaisent de quelque maniere. Nous sentons que le plaisir ou le déplaisir s’excite nécessairement par la contemplation de l’idée qui se présente alors à notre esprit avec toutes ses circonstances.
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Diderot L’Encyclopédie, 1re éd.

Que je pense ou ne pense point à la façade du Louvre, toutes les parties qui la composent n’en ont pas moins telle ou telle forme, & tel & tel arrangement entr’elles : qu’il y eût des hommes ou qu’il n’y en eût point, elle n’en seroit pas moins belle ; mais seulement pour des êtres possibles constitués de corps & d’esprit comme nous ; car pour d’autres, elle pourroit n’être ni belle ni laide, ou même être laide. D’où il s’ensuit que, quoiqu’il n’y ait point de beau absolu, il y a deux sortes de beau par rapport à nous, un beau réel, & un beau apperçû.
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