Résumé

E. Jordan Revue des Deux Mondes

Dans les beaux jours de Florence capitale, les réceptions du palais Peruzzi avaient été célèbres. À l’Antella, un jour chaque semaine, — le dimanche, — fut toujours réservé aux amis ; les habitués, et c’était tout ce que Florence comptait d’éminent dans la politique ou dans les lettres, se réunissaient en ville, au palais Peruzzi, et gagnaient l’Antella en bande joyeuse, sûrs de l’accueil qui les y attendait. Il était rare aussi qu’il n’y eût pas quelque hôte de passage. Le salon Peruzzi était cosmopolite dans le bon sens du mot. Les Italiens sont naturellement hospitaliers et bienveillans
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E. Jordan Revue des Deux Mondes

Florence, retombée au rang de simple ville de province, avait contracté, en vue de travaux devenus en partie inutiles, des engagemens auxquels elle ne pouvait se dérober. Elle ressemblait, comme le disait plus tard Peruzzi dans une vive image, « à un homme qui passe un torrent tranquille ; à mi-chemin, il est surpris par une crue ; s’il retourne en arrière, il s’expose à une mort certaine ; s’il s’élance hardiment en avant, il a au moins l’espoir de gagner le rivage [16] . »
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E. Jordan Revue des Deux Mondes

Mais de pareils scrupules n’arrêtèrent pas Cavour. En réalité, l’unité italienne, proclamée d’enthousiasme, n’était pas encore accomplie dans les faits ; les diverses provinces avaient un esprit, des traditions, des lois, des intérêts très différens ; le Piémont devait les ménager et éviter de paraître les traiter en pays conquis.
C’est ce que sentait Cavour, avec son tact de grand homme d’État ; et pour qu’on ne pût lui reprocher de turiniser et de cavouriser [11] l’Italie, il désirait prendre pour collaborateurs les hommes les plus éminens de chaque région.
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