Résumé

Emma Warnod Amour ou patrie, souvenirs d'Alsace… (1872)

Ah! pourquoi tous les Allemands ne sont-ils pas comme vous, à commencer par le roi et Bismarck; la guerre serait finie depuis longtemps. Mais pardon, je ne veux pas vous faire de peine.
— Vous ne m'en faites pas, dit Albert d'un ton plus sérieux; j'ai la même balance pour les fautes de l'Allemagne et pour celles de la France. Mon principe est celui d'Ernest et de Claire... et le vôtre aussi, maintenant, n'est-ce pas? car c'est le seul qui soit digne du chrétien; ce principe c'est la justice ne se laissant entamer ni par la passion,
Souvenirs d'Alsace.
Source : Gallica

Emma Warnod Amour ou patrie, souvenirs d'Alsace… (1872)

Ah! mon amie, ce doute amer ne m'effleura qu'un court instant; pourquoi songer à la mort quand tout autour de nous n'était qu'exubérance de vie? Je vous attirai à moi sans vous répondre et là, seuls devant Dieu, nous nous promîmes que rien, rien au monde n'altérerait jamais un amour plus fort que la mort.
Claire, vous n'avez pas oublié cet instant de suprême félicité; aujourd'hui que les plus tristes circonstances nous séparent, vous sentez comme moi que l'amour abaisse toutes les barrières et réduit à néant toutes les haines. Ma bien-aimée, que Dieu vous garde, qu'il vous protége !
Source : Gallica

Emma Warnod Amour ou patrie, souvenirs d'Alsace… (1872)

Le chagrin ne m'a pas aigrie, je reconnaîtrai toujours les grandes qualités de l'Allemagne. Je n'aime pas d'autant plus ma patrie que je déteste davantage la Prusse, je n'ai jamais remarqué que la haine engendrât l'amour, ces deux passions ne peuvent se développer dans le même coeur et pour en revenir à ce qui nous touche de plus près, être à vous, être votre femme en un mot, tel est toujours mon rêve de félicité terrestre. Mais Albert, ce rêve ne se changera en réalité que si mes devoirs de Française et mon amour pour mon pays n'ont pas à en souffrir.
Source : Gallica

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