Résumé

Eugène Deligny L'Héritage d'un banquier, par Eugène Deligny (1867)

Jeanne ne répondit, pas ; elle tourna la tête du côté de la portière, afin de cacher à sa mère deux larmes qu'elle n'avait pu retenir, malgré tous ses efforts, et qui filtraient à travers ses longs cils. Elle aimait Georges Tolly, elle l'aimait d'autant plus qu'il ne l'aimait pas. Mais, bien qu'elle fût dévorée par un profond chagrin, elle n'avait pas d'idées de
cloître, encore moins de suicide, car elle savait que rien n'est éternel, que les grandes joies se passent comme les grandes douleurs, et elle songeait à un mariage de raison, puisqu'un mariage d'amour n'était pas possible.
Source : Gallica

Eugène Deligny L'Héritage d'un banquier, par Eugène Deligny (1867)

Je crains que son ambition ne soit pas aussi facile à satisfaire que celle de pauvres gens comme nous.
Jeanne comptait sur le refus de Marius et sur les chagrins qu'il entraînerait : c'était le premier coup de sa vengeance. Elle venait de ramener l'artiste du rêve à la réalité, et déteindre l'espérance qui brillait dans ses yeux. Cette folle espérance, Marie la ranima en disant : — Mon ambition, à moi, serait complétement satisfaite, et doit être seule consultée; car la fortune dont tu parles (elle adressait ces mots à Jeanne) m'a été léguée par mon grand-père.
Source : Gallica

Eugène Deligny L'Héritage d'un banquier, par Eugène Deligny (1867)

Alors, elle éprouva ce qu'éprouvent toutes
les coquettes en pareil cas : un violent amour fondé sur un profond dépit. Son orgueil blessé lui fit verser bien des larmes, mais elle les cacha. Son teint d'une pâleur plus mate qu'à l'ordinaire, et ses yeux cerclés de bistre trahirent seuls le trouble de son àme. Joies et douleurs, espoir et déception, elle dévora tout en silence, elle ne confia rien à personne, ni à son amie d'enfance, à son amie la plus intime, ni même à sa mère. Jeanne était aussi impénétrable que Marie était indiscrète.
Source : Gallica

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