François de Witt-Guizot

Résumé

François de Witt-Guizot Revue des Deux Mondes

« L’impossible » avait été tenté pour assurer le triomphe de l’unité dogmatique. Il est permis de dire, après plus de deux siècles, que ni la monarchie ni l’unité nationale n’ont « profité » de cette politique qui laissait, à la mort de Louis XIV, la France appauvrie, amoindrie et ensanglantée.
Cent sept années plus tard, le sectarisme révolutionnaire prétend s’imposer, à son tour, au nom de la doctrine de « l’unité » dont il donne une formule précise ; Robespierre le dit sans détour : « Qui n’est pas avec nous, doit être frappé ou écarté ou paralysé, non comme factieux, mais comme pervers. »
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C’est bien là, semble-t-il, et poussée dans ses plus infimes détails, l’application la plus harmonieusement conçue et la plus absolue de la politique de l’unité morale : rien n’y fait défaut, rien n’y doit échapper, la nation tout entière est soumise à ses lois d’après un vaste plan, où le génie a mis son empreinte ; toutes les volontés asservies, tous les esprits, courbés sous le même joug, doivent être appareillés pour s’avancer dans le même sillon.
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L’histoire de France, durant les trois derniers siècles, est là pour nous apprendre, ou pour nous rappeler, si nous l’avons oublié, que la « politique de l’unité morale » porte des fruits amers ; que ses résultats sont invariablement contraires au but même qu’elle se proposait et qu’elle interdit la communion des élémens sociaux en enfantant la guerre morale. Elle nous apprend également comment les artisans de cette politique sont atteints par leurs propres coups. La contrainte n’est que d’un temps, et l’heure sonne, tôt ou tard, où la liberté prend sa revanche.
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