Résumé

Portrait de Henri Beyle Henri Beyle Revue des Deux Mondes

Il en coûtait à la princesse de se priver de la grâce charmante de Sénecé, qui, si elle ne lui faisait pas de scène, était sur le point de lui dire cent folies ; mais elle avait trop d’orgueil pour différer de s’expliquer. Une coquette est jalouse par amour-propre ; une femme galante l’est par habitude ; une femme qui aime avec sincérité et passionnément a la conscience de ses droits. Cette façon de regarder, particulière à la passion romaine, amusait fort Sénecé : il y trouvait profondeur et incertitude ; on voyait l’âme à nu pour ainsi dire. L’Orsini n’avait pas cette grâce.
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Pourquoi pas, puisque nous peignons un cœur allemand ? Il y eut des momens de bonheur et d’exaltation où elle alla jusqu’à se figurer que c’était un être surnaturel. Le zèle sincère et plein d’enthousiasme avec lequel Mina s’acquittait de ses nouvelles fonctions eut son effet naturel sur Mme de Larçay, qui était une âme commune : elle traita Mina avec hauteur, et comme une pauvre fille qui était trop heureuse qu’on lui donnât de l’emploi. « Tout ce qui est sincère et vif sera donc à jamais déplacé parmi ces gens-ci ? » se dit Mina.
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Sa maîtresse avait été jusque-là d’une sagesse désespérante ; si elle pouvait ressentir une passion, si elle commettait une faute, à chaque instant elle aurait besoin de Diane et celle-ci pourrait tout espérer d’une femme dont elle connaîtrait les secrets.
Loin d’entretenir la duchesse d’abord de ce qu’elle se devait à elle-même, et ensuite des dangers effroyables auxquels elle s’exposerait au milieu d’une cour aussi clairvoyante, Diane, entraînée par la fougue de sa passion, parla de Marcel Capecce à sa maîtresse, comme elle se parlait à elle-même de Domitien Fornari.
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