Jacques Robertfrance

Résumé

Jacques Robertfrance Les poèmes dans la maison triste (1920)

Le baume à vos chagrins,
Homme, éternel petit enfant Dont j'épousais, comme une mère, le destin... Mon sort fut beau D'être à tes cils tremblants le baiser de l'oubli, Et le tombeau De tes efforts, de tes rancœurs, de tes soucis !... Toi qui fus le corsaire Sur la tartane grêle où la barque légère, Détourne-toi, je n'ai plus rien,
Rien que mes mains Pour te les tendre dans la ronde Sur le chemin...
La ronde immonde...
Dont la chanson C'est ma douleur,
Et c'est mon cœur... et c'est mon cœur Que l'on piétine tout en rond Comme le pont En Avignon !
Source : Gallica

Jacques Robertfrance Les poèmes dans la maison triste (1920)

Aigle,
Las des fauves moissons de froment ou de seigle!
Et chante !
Chante sans t'attarder Aux échos que ta voix enfante,
Sans te mirer Dans le cristal des coeurs !
Qu'importe si ta voix est dure,
Qu'importe que ta gorge essarde de douleur, Si la brûlure Qui la dessèche, en même temps épure L'âme inquiète qui se meurt!
Dis à ces hommes que la peur Tient cloués à la terre Comme l'enfant à un giron,
L'enivrement des cieux éperdus de lumière Et qu'aucune ombre ne corrompt!
Source : Gallica

Jacques Robertfrance Les poèmes dans la maison triste (1920)

Qui n'as point de souillure en tes vêtements d'or Et point de honte en tes paupières,
Point de rancune sur tes lèvres,
Mais seulement tes yeux tendus,
Comme une fièvre,
Au sein des mondes aperçus;
Tes yeux, comme une houle immense Où danse Et tombe,
— Telle l'hamadryade aux entrailles des mers Mire sa tombe, —
Le cœur essentiel des troubles univers;
Alors,
Mon humble enfant sur l'humble terre,
Les hommes forts,
Sur leurs épaules,
Te lèveront Comme un calice de lumière,
Et tu seras, mon fils! courbe comme le saule A la pénombre de leurs fronts!
Source : Gallica

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