Jean Rosmer

Résumé

Jean Rosmer,  Mont-Désert (1935)

“ Quant à Olivia, Claude la jugeait inquiétante. Ses grands yeux d'émeraude avaient une impressionnante façon de regarder. Une fierté farouche se lisait sur son visage. Jamais elle ne pardonnerait à Mrs Barletts les paroles blessantes prononcées au sujet de l'invitation des Vargennes, où elle n'était pas comprise. Elle se souviendrait aussi de l'attitude désagréable de Diana au moment du café. Ni la tante ni la nièce ne l'aimaient, c'était évident, mais elle
leur rendait au centuple leur antipathie et leur mépris.
”
Source : Gallica

Jean Rosmer,  Mont-Désert (1935)

“ Elle se plaît à faire l'importante, à s'agiter avec des tasses pleines entre les mains. Si elle tache sa belle robe, ce sera tant pis.
La perspective de souiller sa ravissante toilette rose suspendit l'élan de Diana. D'un geste délibéré, elle tendit la cafetière au maître d'hôtel, impassible, et commanda :
— Allez, Foster, servez l'honorable société. On me trouve trop jeune pour le faire moi-même.
Elle riait, ses dents blanches luisaient entre ses lèvres de cerise. L'abat-jour vermeil d'un lampadaire la nimbait d'aurore. Claude la considérait, ravie de la trouver si charmante.
”
Source : Gallica

Jean Rosmer,  Mont-Désert (1935)

“ S'il se mariait avec une autre, s'il dédaignait la pauvre institutrice déchue, seule au monde, tant pis pour elle ! Sa tendresse ne s'atténuerait pas. Elle souffrirait, voilà tout...
Elle haussa les épaules et murmura :
— Après tout, je ne serai ni la première ni la seule ! Elle contourna le bal champêtre. L'orchestre jouait un boston. Les danseurs chantaient pour scander la cadence :
Si vous aviez pour moi L'amour que j'ai pour vous...
Un soupir gonfla la poitrine de Claude. Une fois encore, ses yeux se promenèrent sur la foule rieuse, puis cherchèrent Mrs Barletts.
”
Source : Gallica

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