Résumé

L. Faucher Revue des Deux Mondes

En France, un journaliste, quand il est homme de cœur et de talent, marche l’égal d’un conseiller d’état, d’un pair ou d’un député ; la presse est comme un gymnase où les chefs de parti se préparent au gouvernement, et tel ministre n’a souvent fait qu’un saut du bureau d’un journal au banc des secrétaires d’état. En Angleterre, il n’y a pas d’exemple de ces illustrations ; on ne parvient que par l’aristocratie, par le barreau ou par les positions commerciales. La presse n’est ni un pouvoir ni le marche-pied du pouvoir.
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L. Faucher Revue des Deux Mondes

Quiconque aurait la prétention de diriger l’opinion, l’irriterait contre lui ; la presse n’en est que l’écho, elle regarde marcher la société et se contente de marquer les distances parcourues. Si elle prenait l’initiative de quelque idée ou de quelque démarche, la nation ne croirait plus posséder le self-government.
Ainsi la presse, placée en France à l’avant-garde de la civilisation, occupe en Angleterre le corps de bataille : là elle n’a pas l’occasion d’acquérir une gloire brillante ni de faire des coups d’éclat
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L. Faucher Revue des Deux Mondes

On ne conçoit pas, dit-il, que des hommes qui veulent appartenir à une classe respectable de la société, et qui doivent avoir une éducation libérale, se livrent à ces indignes personnalités. Dans leurs moindres querelles ils se traitent de menteur, de voleur, de mercenaire, de scribe, d’animal, et cherchent à rabaisser mutuellement leur caractère, comme s’il ne devait rien rejaillir sur eux-mêmes de cette dégradation de la presse. D’où vient que la presse est placée plus haut en France qu’en Angleterre, si ce n’est de l’absence des personnalités qui défigurent nos journaux ?
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