Résumé

L'Urgence de l'amnistie , par M. Bonnefous (1880)

Je l'ignore ; mais ce que je sais, c'est que si l'amnistre est un jour possible, elle ne le sera qu'à deux conditions : la première, c'est que l'apaisement sera fait sur cette question, c'est que l'amnistie aura cessé d'être, en dehors de cette Assemblée, un instrument d'agitation, qu'on aura cessé de la représenter comme un droit, surtout comme une revendication.
La société peut pardonner, oublier, amnistier, elle ne peut pas réhabiliter, elle ne peut pas changer la morale des événements.
En dehors de cette Assemblée, l'amnistie est représentée comme un droit, comme une revendication.
Source : Gallica

L'Urgence de l'amnistie , par M. Bonnefous (1880)

Comme vous le disait tout à l'heure M. Proust, commença adroitement M. de Freycinet avec son filet de voix grêle, ne confondons pas l'amnistie avec la grâce. La grâce vise les individus, l'amnistie vise les faits, a exclusivement pour but de servir l'intérêt de la société.
Or, cette société oubliera-t-elle un jour l'origine, le caractère, les actes de la Commune au point d'étendre sa clémence à tous ceux qui y ont pris part?
Source : Gallica

L'Urgence de l'amnistie , par M. Bonnefous (1880)

Voilà donc ce qu'éprouvent les campagnes lorsqu'on leur parle d'amnistie. Voilà ce qui, momentanément, empêche le ministère d'accorder l'amnistie! Quels que soient « les sentiments intimes » du Cabinet, quel que soit « son désir d'apaisement, » il ne peut sacrifier le pays aux sentiments dont il est animé. Mandataires du peuple, les ministres sont tenus d'exécuter toutes ses volontés, rien que ses volontés, allassent-elles même à rencontre de leurs voeux les plus chers ! Quel beau trait ! C'est noble et grand comme l'antiquité !
Source : Gallica

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