L. de Lavergne

Résumé

L. de Lavergne L’Irlande en 1867

L’Irlande n’en est pas là ; la petite propriété y est à peu près inconnue ; ce qui domine, c’est la très grande propriété. Les terres de 10,000, 20,000, 30,000 hectares y sont encore assez communes malgré la cour des domaines hypothéqués, qui en a dépecé une partie, et une étendue de 500 à 1,000 hectares peut être considérée comme la moyenne. On n’a donc pas à craindre de longtemps les inconvéniens du partage égal. C’est ici l’inverse de ce qui arrive pour la culture, car l’Irlande souffre à la fois de deux extrêmes opposés, la division, de la culture et la concentration de la propriété.
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L. de Lavergne L’Irlande en 1867

L’avoine est le seul grain que le climat permette de cultiver sérieusement. On n’a jamais pu consacrer aux autres grains que 200,000 hectares (500,000 acres) , ou le quarantième du sol. L’essentiel est de développer la culture des turneps, des betteraves, des prairies artificielles, concurremment avec les herbages ; avec le produit de ses récoltes vertes, l’Irlande achète et achètera le supplément de céréales dont elle a besoin.
Se plaindre de l’étendue des prairies, c’est accuser le ciel de ses dons. La Hollande, l’Angleterre, la Normandie, voilà les plus riches pays agricoles.
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L. de Lavergne L’Irlande en 1867

Suivant toute apparence, l’Irlande n’arrivera même pas jusque-là. Il faut, pour cultiver convenablement une ferme de 40 à 50 hectares, un capital qui manquera longtemps aux fermiers irlandais. Il y a d’ailleurs dans la population une répugnance instinctive à passer de l’état de tenancier à celui d’ouvrier salarié. Cette résistance n’est pas toujours fondée, car un ouvrier bien payé vaut mieux qu’un tenancier misérable ; mais l’attachement au sol ne raisonne pas, et, en devenant simple ouvrier, l’Irlandais croit se déraciner.
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