Résumé

Edmond Plauchut La Traite des coulies à Macao

Le Chinois qui est revenu de Macao n’a donc qu’à se bien conduire : s’il commet la faute la plus légère, les coups de bâton sur la plante des pieds pleuvront pour lui au yamen; à tout instant, il sera conduit en prison et soumis à l’affreux régime qui l’y attend; n’ayant plus ni trêve ni repos, un seul salut lui reste, c’est de quitter son pays, et c’est ce que font neuf coulies sur dix. Désormais sans famille et sans foyer, errant de province en province, le malheureux finit généralement par devenir bandit ou pirate.
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Edmond Plauchut La Traite des coulies à Macao

Timor est rempli de lépreux ; les Européens, fort rares heureusement, qui par contagion sont atteints de l’horrible mal, vont s’y réfugier plutôt que s’y cacher, sachant bien que dans cette possession malsaine ils ne seront pour personne un objet de dégoût et de répulsion. Reste donc Macao, qu’un beau reflet de la gloire de Camoëns illustrerait encore, — car c’est là que le poète lusitanien composa son admirable poème des Lusiades, — si les trafiquans en coulies, aidés par l’inqualifiable tolérance du gouvernement de Lisbonne, n’étaient venus y ouvrir leur comptoir.
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Edmond Plauchut La Traite des coulies à Macao

La mortalité chez ceux qui travaillent presque nus et sous un soleil ardent à l’extraction du précieux engrais est effrayante, quoique la nostalgie en fasse mourir encore plus que la poussière délétère au milieu de laquelle ils travaillent. A Lima, et ceux-là sont les moins infortunés, on fait des marmitons des Chinois; quelques-uns même deviennent d’excellens cuisiniers. Libres après six années d’un service peu pénible, ces rares privilégiés de l’émigration amassent un petit avoir qui leur permet de retourner en Chine, — le grand but, — pour y vivre à l’aise et indépendans.
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