Laurent Achille d' Esmond

Résumé

Laurent Achille d' Esmond L'anonyme, ou Le monstre hybride (1845)

Le bras de fer du despotisme se garde bien de s'appesantir sur un peuple que la corruption n'a pas encore perverti. Tout-puissant par la conscience de sa dignité, il importe de réduire et la trempe du cœur, et les hardies, les généreuses inspirations de l'âme, en les livrant aux cauteleuses démonstrations de la cajolerie, aux simulacres d'une cordiale sympathie. Le peuple se câline sous la main qui le flatte, devient docile, se livre au joug qui le captive et finit par savourer tous les aliments de corruption que l'ambition hypocrite lui présente à pleines mains.
Source : Gallica

Laurent Achille d' Esmond L'anonyme, ou Le monstre hybride (1845)

Les fondateurs d'empires sont généralement de grands hommes ; ils obtiennent du peuple des démonstrations d'hommages qui flattent à juste titre leur génie créateur : que le peuple s'estime heureux, et ses manifestations ne s'arrêteront pas à un profond et froid respect ; sa gratitude réchauffe toutes les fibres de son cœur ; son âme enthousiasmée se livre aux transports de l'amour filial en présence d'un père tendrement chéri, dont le génie, celui d'un Dieu, reçoit un culte qui n'appartient qu'aux immortels.
Source : Gallica

Laurent Achille d' Esmond L'anonyme, ou Le monstre hybride (1845)

Et, bien qu'il s'incline devant de grands yeux , devant une taille svelte, un corps à classiques proportions, une petite bouche, un teint frais, entourés de tout l'éclat séducteur de trois ou quatre lustres, il ne s'agenouille que devant les yeux qui réfléchissent l'esprit et la douceur céleste, il n'encense que les chastes contours d'un port angélique, et la parole , pour toucher son cœur, a besoin de toute la mélodie d'une âme d'élite.
Source : Gallica

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