Marcelle Tinayre,
Figures dans la nuit
“ D’un geste gracieux, elle prit dans ses mains parfumées les deux mains de Sosipatra. – Pardonne-moi, ma chère, dit-elle. J’ai froissé ton cœur délicat, mais j’avais cru... Allons, garde ton secret. Parlons seulement de cette amie qui te ressemble et qui est, comme toi, chaste et naïve... Si l’amour est un sortilège, il est trop vrai que Philométor m’a ensorcelée, jadis, car il m’a fait éprouver ces alternatives de fièvre et de glace, ce frisson intérieur que tu m’as décrits, par ouï-dire, aussi exactement que si tu les avais ressentis toi-même. Je m’endormais en pensant à Philométor. ”
