Mathilde Bourdon

Résumé

Mathilde Bourdon,  Les deux aveugles (1853)

“ LE soir était venu, le vent avait fraîchi, et sur le pont désert il ne restait plus que Robert et Hector, assis l'un près de l'autre.
« Voici l'heure où hier je vous entendis chanter, dit Hector.
» — Vous m'avez écouté ? reprit en souriant l'aveugle ; en vérité, je vous trouve bien indulgent. La musique du Porpora eût mérité un meilleur interprète.
» — Je ne sais si vous avez bien ou mal chanté, mais je sais que vous m'avez ému jusqu'au fond de l'âme, vous m'avez fait penser à des choses depuis long-temps oubliées,
à la nature, qui est si belle et à Dieu qui est si grand.
”
Source : Gallica

Mathilde Bourdon,  Les deux aveugles (1853)

“ La parole du prêtre et la prière avaient relevé mon âme ; le courage du chrétien venait d'y rentrer : Que votre volonté soit faite ! dis-je tout haut ; je veux ce que Dieu veut.
« Puisque vous parlez ainsi, répondit le prêtre, je vous promets, de la part de Dieu, la paix ; vous la trouverez dans la peine la plus amère, elle ne vous quittera plus, et Celui qui vous éprouve se chargera lui-même de faire votre bonheur. »
» l'inclinai la tête sous cette promesse , et je m'en allai le coeur paisible et tout préparé
à ce que, une heure auparavant, je redoutais mille fois plus que la mort.
”
Source : Gallica

Mathilde Bourdon,  Les deux aveugles (1853)

“ La main de Robert tremblait dans celle de son ami ; il éleva enfin la voix ; mais elle était troublée par les larmes :
« t. est trop!.... dit-il ; c'est trop d'affection ! cher Hector ! mon frère
» — Consens-tu ? consens-tu? répondit Hector en riant ; tu n'es plus libre de nous priver de la présence.
» — Je suis à la volonté lie Dieu, et à vous, mes bons amis, bien plus qu'à moi-même!.... Oh ! que Dieu est hon !
» — Oui, Dieu est bon ! dit sérieusement Hector; qui le sait mieux que moi ! mais descendons, la nuit gagne; on va rions attendre au logis. »
”
Source : Gallica

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