Maurice Hartmann

Résumé

Maurice Hartmann Deux destinées

Pour les gens du château sera réservé en outre un signe particulier : dans la cour, on voit, fixée au mur, une antique tête de pierre aux sourcils fourrés, aux yeux caves, à la bouche douloureusement froncée; elle branle depuis longtemps dans sa niche, elle finira par tomber et se brisera; ce jour-là mourra le dernier O’Neil. Ce pauvre vieux lord, qui, dans son triste manoir dont il ne fait plus réparer les ruines, attend les signes de sa fin, regarde branler la tête de pierre et croit entendre le cri de la Banshee dans le grincement des girouettes, doit couler des jours bien mélancoliques.
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Maurice Hartmann Deux destinées

Le rivage nord est seul animé par l’immense parc que les lords O’Neil, les seigneurs du pays, ont jadis fait sortir des sables. Vu du lac, il ressemble plutôt à une forêt boréale, à une ténébreuse retraite de druides. Shanes-Castle, le château des O’Neil, dont les tourelles et les gothiques croisées dominent le parc, et qui, détruit en partie par l’incendie, surveille le lac de ses yeux caves, ne contribue guère à égayer le paysage. Les eaux du lac étaient sombres, presque noires, et ce n’était pas la faute des nuages qui, ce jour-là, voilaient le ciel
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Maurice Hartmann Deux destinées

En sortant de la rue, on croit passer de la nuit à la lumière, car elle donne sur une prairie bordée par des bocages et des buissons en fleurs : tout au fond resplendit la surface du lac. La prairie, les buissons, les bocages, sont les derniers prolongemens du parc de Shanes-Castle, qui entoure le Laugh-Neagh, du côté du nord, de ses bras de verdure. De ce point la vue est encore bornée ; j’enfilai la jetée qui s’avance fort loin dans le lac, et je vis s’agrandir l’horizon d’une façon merveilleuse.
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