Maurice Mardelle, La course aux ânes (1998)
“ Vas-tu filer, animal ! Cartillon ouvre la porte et pousse dehors son grand benêt de fils. Jean marche dans la nuit. Il est trop heureux pour ne pas se laisser conduire par la force étrange qui le tire. Là-haut, la Croix-Leubais raye le ciel lunaire; l'ombre est douce et bleue. Il marche et n'hésite plus. Il marche. Et voici la place. Voici l'église et l'appentis de Mélaine. La ruelle de la sacristie s'ouvre devant lui : il s'y engage. Et voici le coin, le tas de fleurs sèches et, dans le fond, assise sur la pierre tombale, celle qui n'a pas désespéré. ”
