Maurice Mardelle

Résumé

Maurice Mardelle La course aux ânes (1998)

Vas-tu filer, animal !
Cartillon ouvre la porte et pousse dehors son grand benêt de fils.
Jean marche dans la nuit. Il est trop heureux pour ne pas se laisser conduire par la force étrange qui le tire. Là-haut, la Croix-Leubais raye le ciel lunaire; l'ombre est douce et bleue. Il marche et n'hésite plus.
Il marche. Et voici la place. Voici l'église et l'appentis de Mélaine. La ruelle de la sacristie s'ouvre devant lui : il s'y engage. Et voici le coin, le tas de fleurs sèches et, dans le fond, assise sur la pierre tombale, celle qui n'a pas désespéré.
Source : Gallica

Maurice Mardelle La course aux ânes (1998)

Mme Langue saute sur la marche et, troussant ses jupes, enfourche l'animal derrière le bonhomme qu'elle accole.
— En avant, Palestin !
— En avant, Mystique !
Et les misérables s'enfoncent dans la nuit, au galop effréné de la bête que le diable invisible doit fouetter.
Ils traversent la place déserte et se lancent à l'assaut de la colline. D'aussi loin qu'il peut deviner la silhouette de la Croix-Leubais, Cartillon se remet à hurler, à exciter sa bête du talon, à jurer qu'il ne va pas le manquer, cette fois, le saint de malheur !
Source : Gallica

Maurice Mardelle La course aux ânes (1998)

On s'aime et l'on s'entr'aide volontiers. Chantignolle et Tricoise ont repris goût aux débillardements et aux façonnages savants; les sillons sont plus droits et les vignes mieux taillées; le pourpier et le réséda bordent tous les murs; on greffe de nouveaux rosiers... On rit, on chante volontiers dans les champs et sous les toits. On chante dans l'auberge du « Grand Saint Leubais » où, justement, Tricoise vient de réciter un couplet nouveau que les buveurs applaudissent et dont la Potille répète la fin :
« A Bouranquat', c'est comme ailleurs :
l'a que l'amour qui fait l'bonheur ! »...
Source : Gallica

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