Résumé

Michelet Revue des Deux Mondes

Ainsi l’ordre qui avait représenté au plus haut degré le génie symbolique du moyen-âge, mourut d’un symbole non compris. Cet évènement n’est qu’un épisode de la guerre éternelle que soutiennent l’un contre l’autre l’esprit et la lettre, la poésie et la prose. Rien n’est cruel, ingrat, comme la prose, au moment où elle méconnaît les vieilles et vénérables formes poétiques dans lesquelles elle a grandi.
Le symbolisme occulte et suspect du Temple n’avait rien à espérer au moment où le symbolisme pontifical, jusque-là révéré du monde entier, était lui-même sans pouvoir.
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Michelet Revue des Deux Mondes

Il reniait à l’exemple de saint Pierre ; le reniement dans cette pantomime s’exprimait par un acte : il crachait sur la croix. L’ordre se chargeait de réhabiliter ce renégat, de l’élever d’autant plus haut, que sa chute était plus profonde. Ainsi, dans la fête des fous, l’homme offrait l’hommage même de son imbécillité, de son infamie, à l’église qui devait le régénérer. Ces comédies sacrées, chaque jour moins comprises, étaient de plus en plus dangereuses, plus capables de scandaliser un âge prosaïque, qui ne voyait que la lettre et perdait le sens du symbole.
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Leur vrai dieu, ce semble, devint l’ordre même. Ils adorèrent le Temple et les templiers, leurs chefs, comme temples vivans. Ils symbolisèrent, par les cérémonies les plus sales et les plus repoussantes, le dévoûment aveugle, l’abandon complet de la volonté. L’ordre, se serrant ainsi, tomba dans une farouche religion de soi-même, dans un satanique égoïsme. Ce qu’il y a de souverainement diabolique dans le diable, c’est de s’adorer.
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