“ Le templier, véritable serf, quoiqu'il n'en ait pas le nom, ne peut posséder ni biens, ni terres; il ne vit, n'agit, ne respire que par la volonté et sous le bon plaisir d'un autre.»«Hélas! dit Rébecca, quels sont les avantages qui peuvent indemniser de si grands sacrifices?» ”
Templier
Définition et enjeux
Le terme « templier » désigne à la fois un métier militaire, une vocation religieuse catholique et un rang au sein d’un ordre chevaleresque. Ce concept, chargé d’histoire et de symbolisme, a été analysé par plusieurs auteurs, qui en ont mis en évidence les ambivalences : Walter Scott représente les templiers comme des hommes soumis à une volonté extérieure, tandis que Théodore Hersart de La Villemarqué évoque leur image populaire, liée à des expressions proverbiales.
Charles Rozan, lui, conteste les exagérations concernant leur vertu ou leur vice, soulignant leur richesse. Ces perspectives, mêlant histoire et littérature, révèlent une figure complexe, à la fois mystique et terrestre, qui a façonné l’imaginaire médiéval.
Citations sur “templier”
Théodore Hersart de La Villemarqué,
Barzaz Breiz/1846
“ Les templiers ou moines rouges, comme les appellent les Bretons, n’étaient pas plus populaires en Bretagne que dans les autres parties de l’Europe occidentale. En Angleterre, les enfants s’en allaient criant par les rues : Gardez-vous de la bouche des templiers [1] ! En France, on dit encore aujourd’hui proverbialement : Boire comme un templier. ”
Charles Rozan, Petites ignorances de la conversation (1860)
“ C'est presque toujours ainsi qu'on a parlé des Templiers : pour les uns, ils eurent toutes les vertus; pour les autres, tous les vices. Il y a exagération des deux côtés. Si les chevaliers du Temple n'eurent pas toujours « les meilleurs vins, les mets les plus exquis, les plus belles femmes, les vêtements les plus riches, » — ils furent opulents, ils vécurent dans une grande aisance, et c'est ce que voulait exprimer, avant la suppression de l'ordre, le proverbe boire comme un templier. ”
John Frederick Smith, Dick Tarleton : roman anglais. Tome 1 (1879)
“ A l'église, répondit Amen Corner, près d'un vieux monument voisin de la porte de la sacristie. Vous ne pouvez vous tromper : c'est un homme vêtu de son armure, qui a la tête et une jambe de moins. J'ai un jour entendu le docteur Gore et le vieux doyen de Lincoln discuter si c'était ou non le monument d'un templier, au point que j'ai cru qu'ils allaient se quereller. ”
Léon Dusillet, Le Château de Frédéric Barberousse à Dole… (1843)
“ La peur ici n'a point d'autels. Un templier, quoique seul, ne doit pas fuir devant trois ennemis ; jugez donc si l'ordre vous redoute. La règle nous prescrit de secourir la veuve et l'orphelin, et nos saintes armes sont toujours prêtes. Cette papelardise ne m'en impose pas , répondit le duc jaloux qui se contenait à peine, C'est l'abbaye d'Ounans que cherchait la princesse, et non point un moutier décrié et honni ; jamais chaste pucelle ne se réfugia chez des templiers. ”
Charles Magnin, Revue des Deux Mondes
“ La garde de ce divin calice, confiée à la milice romanesque des templistes, était vraisemblablement liée à l’institution réelle des templiers, seule chevalerie qui fût selon les vues et le cœur de l’église. Cependant l’idée de ce vase, dont la possession assurait, outre une joie mystique ineffable, divers avantages temporels, entre autres une force et une jeunesse perpétuelles, mais qu’une pureté parfaite pouvait seule conquérir et conserver, se mêla, dans l’imagination d’un très grand nombre de romanciers de haut lignage, aux fictions galantes et très profanes du cycle d’Arthur. ”
Fortuné Legeay, Recherches historiques sur Aubigné et Verneil… (1857)
“ Les templiers ne croient point en Dieu; lorsqu'ils reçoivent un néophyte, c'est dans le silence de la nuit; ils lui font revêtir les habits de l'ordre, le manteau blanc à la croix rouge, et le conduisent dans une chambre obscure où ils lui font renier Dieu, marcher sur la croix, cracher sur la figure du Christ et baiser le grand maître sur la bouche, au nombril et au bas de J'échine; puis ils le mènent adorer une idole. ”
Paul Féval, Les tribunaux secrets : ouvrage historique… (1864)
“ Les Templiers, c'est l'esprit militaire et religieux du moyen-âge, l'activité chevaleresque de cette époque de croyance, le dévouement, la foi, l'incarnation de toutes les idées qui remuaient le monde d'alors. Quand les templiers s'entourent de mystère, quand ils cachent leurs réunions d'un voile, c'est la foi qui les inspire, et quand ils frappent la victime désignée, c'est en quelque sorte un holocauste qu'ils offrent à Dieu! ”
Perrot, Montfaucon : son gibet, sa voirie… (1840)
“ Il est certain que les Templiers s'étaient livrés au faste, au luxe, à une vie molle et voluptueuse ; que leur valeur, leur naissance, la gloire dont ils s'étaient couverts dans tant de combats, et d'immenses revenus, leur inspiraient un orgueil, un ton d'indépendance qui n'avait pu que déplaire infiniment à tous les souverains ”
Alphonse de Lamartine,
Histoire des Girondins
“ Le Temple était une antique et sombre forteresse bâtie par l’ordre monastique des Templiers, dans le temps où ces théocraties sacerdotales et militaires, unissant la révolte contre les princes à la tyrannie contre les peuples, se construisaient des châteaux forts pour monastères, et marchaient à la domination par la double force de la croix et de l’épée. ”
Amédée Jourdain, Enguérand de Bichecourt : chronique du XIIIe siècle… (1870)
“ C'était là le vrai caractère de la chevalerie errante ou sédentaire. Tels furent surtout les templiers, si recommandables, si justement renommés d'abord, mais peu à peu énervés et perdus plus tard par l'abus de leur excessive et scandaleuse opulence. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Quelques esprits romanesques s’imaginent que l'ancien ordre du Temple existe toujours souterrainement et que son influence, pour être occulte, n’en est pas moins redoutable. Nous croyons que ces craintes sont complètement chimériques. Mais l’ordre des templiers existe encore en Angleterre, sinon comme ayant une mission réelle et comme exerçant une influence politique ou religieuse, au moins comme une sorte de relique historique, à l’existence et au maintien de laquelle les plus hauts personnages se font honneur de prêter leur concours. ”
Charles Delon, Notre capitale Paris (1885)
“ Je voudrais vous montrer d'abord le redoutable donjon du Temple 3, énorme tour carrée, avec ses quatre tourelles aux quatre angles, ses rares et étroites fenêtres, ses créneaux, ses toits aigus : c'était le trésor de l'ordre, le lieu fort et sûr qui lui gardait ses richesses, ses titres, plus d'un mystère aussi, sans doute ; monument de la puissance et de l'orgueil des Templiers, qui fut achevé la veille de leur chûte 4. Tragique destinée ! ”
A. de Quatrefages,
Revue des Deux Mondes
“ Une chapelle basse et voûtée, que décore la croix des templiers, peut faire supposer que des moines guerriers présidèrent à l’établissement de ces fortifications, jadis imprenables peut-être, mais qui, faciles à dominer, ont perdu toute leur valeur depuis la découverte de l’artillerie. ”
Walter Scott,
Ivanhoé
(1820)
“ Si je me présente dans la fatale lice, reprit le templier, vous mourrez d’une mort lente et cruelle, dans ces tourments qu’on prétend réservés aux coupables après leur mort ; mais, si je ne m’y présente pas, je suis un chevalier dégradé et déshonoré, accusé de sorcellerie et de communion avec les infidèles. Le nom illustre que je porte, et auquel j’ai su donner le plus grand éclat, devient un titre de honte et de reproche ; je perds ma renommée, mon honneur et même la perspective d’une grandeur que les empereurs ont peine à atteindre ; je sacrifie une puissante ambition ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal/6e éd., 1863
“ Templiers. Vers l’an 1118, quelques pieux chevaliers se réunirent à Jérusalem pour la défense du saint sépulcre et pour la protection des pèlerins. Le roi Baudouin II leur donna une maison, bâtie aux lieux que l’on croyait avoir été occupés par le temple de Salomon ; ils prirent de là le nom de templiers et appelèrent temple toute maison de leur ordre. ”
Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy, Mémoires d'un vilain du XIVe siècle… (1820)
“ On appliqua d'abord le Templier à la question. Il la souffrit avec le plus grand courage, et ne fit pas le moindre aveu. Comme on désespérait d'en rien tirer, on fit partager à mon malheureux oncle les mêmes torturés II s'efforça d'imiter son maître ; mais il n'en eût pas la force, et il confessa à demimourant, qu'il servait un templier proscrit..... — Ah ! malheureux !... s'écria le templier; et il expira.... — Quoi! c'était un Templier, dit le seigneur; je suis fâché qu'il soit I. 6 66 mort, j'aurais fait ma cour au roi de France en lui livrant un de ses ennemis ..... ”
François-Just-Marie Raynouard,
Les templiers
(1805)
“ On lit dans une bulle de Clément V à Philippe-le-Bel, datée d’Avignon 2 nonas maii, Pontificatus quarto anno, que le roi avait témoigné au pape que le retard qu’éprouvait l’affaire des templiers pouvait occasionner de tristes et dangereux effets, puisqu’il avait déjà causé de très grands maux. ”
Émile Vanderburch,
Histoire militaire des Français…
(1851)
“ La guerre sainte donna naissance à un ordre à la fois religieux et militaire, celui des Templiers, admirables d'abord d'abnégation, de courage et de pauvreté, mais qui ne tardèrent pas à devenir si puissants et si riches, qu'ils parurent redoutables aux papes et aux rois. ”
Adolphe Vachet, Les anciens couvents de Lyon
“ Au moment de combattre, que les chevaliers aient au-dedans la foi, au-dehors le fer, et non des ornements d’or, qu’ils cherchent à inspirer la crainte à l’ennemi et non à provoquer des rapines. Les Templiers furent en commençant fidèles à ce programme. ”
Léon Dusillet, Le Château de Frédéric Barberousse à Dole… (1843)
“ La charité des templiers ! repartit le duc d'un air moqueur. —La fille du margrave s'est mise sous la protection du saint Temple, et ne quittera la maison de Dieu que pour le palais de madame Béatrix. La charité des templiers ! répéta le duc avec un dédain plus amer. — La charité qui avoue ses oeuvres, vaut bien la luxure qui se cache sous le voile d'un amour trompeur. ”
Fortuné Legeay, Recherches historiques sur Aubigné et Verneil… (1857)
“ Dans chaque localité où les templiers avaient des domaines importants, et qu'ils faisaient toujours valoir par eux-mêmes, il existait une maison du Temple, composée de trois classes \de frères : dés chevaliers destinés spécialement au service des armes, des chapelains chargés des choses religieuses, et des frères servants employés aux soins domestiques, à la culture, aux troupeaux , etc. ”
Yves Serrand, Histoire d'Anse : Asa Paulini… (1845)
“ Les Templiers qui font remonter leur origine aux mystères d'Egypte , les francs-maçons et autres sociétés religieuses et secrètes , qui aux XIe, XIIe et XIIIe siècles étaient à leur apogée , s'associaient souvent entr'elles dans le but d'élever des temples et de propager des idées religieuses ; l'artiste initié en construisant une église ou burinant ses ornements , s'efforçait d'agir sur les profanes et représentait toujours une idée. Mais le sens intime du mythe , renfermé dans la construction ou dans les sculptures qui l'ornaient , n'étaient compréhensibles qu'aux initiés eux-mêmes. ”
Jean Mercier, Souvenirs historiques d'Annecy jusqu'à la Restauration… (1878)
“ On sait que les Templiers étaient un Ordre de chevaliers chrétiens, moitié religieux, moitié militaire, qui se dévouaient à la défense des Lieux-Saints. Tandis que les religieux du Saint- Sépulcre exerçaient l'hospitalité envers les pèlerins de la Pales- tine, les Templiers combattaient et mouraient pour la cause des Saints-Lieux. Saint Bernard leur avait donné une règle qu'ils observèrent quelque temps avec une fidélité parfaite. Mais le saint abbé de Clairvaux mourut, et bientôt les Templiers dégénérèrent. ”
Louis Madelin,
Revue des Deux Mondes
“ Les Templiers, plus orientalisés, se sont, plus que leurs frères de l’Hôpital, inspirés des forteresses musulmanes, encore qu’ils aient élevé plus haut leurs murs, creusé plus profondément leurs fossés afin de mieux délier l’escalade comme la mine, muni de herses à l’occidentale l’entrée de l’enceinte et marqué de la croix des constructions en partie sarrasines. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Le grand maître, pris, ainsi que les autres dignitaires, dans la classe des chevaliers, tous nobles de naissance, avait rang de prince et se regardait comme l’égal des souverains, l’ordre étant affranchi par ses statuts de toute juridiction temporelle et relevant directement du saint-siége. Les templiers avaient pour devoirs religieux : l’obligation d’assister à la messe trois fois par semaine ; de faire abstinence les lundis et mercredis, outre les vendredis et les samedis ; d’observer trois grands jeûnes ; d’adorer la croix solennellement à trois époques de l’année ”
Amédée de Ponthieu, Légendes du vieux Paris (1867)
“ Au parvis Notre-Dame. Qu'y a t-il? Là, se dresse, sombre et terrible, un immense bûcher. Ce sont les Templiers qu'on mène à la mort, héroïques victimes du fanatisme et de la cupidité. Frémissez d'horreur et levez les yeux, vous verrez, sur un ciel noir comme un immense drap mortuaire, une grande croix rouge semblable à celle que portaient oes héroïques chevaliers empreinte sur le disque argenté de la lune entourée de trois cercles, le plus grand, de couleur blanche ”
Comtesse de Bassanville,
Les Aventures d'une épingle, ou Trois siècles de l'histoire de France…
(1860)
“ Les Templiers avaient dans l'enclos de leurs murs une belle église construite sur le modèle du temple de Jérusalem, et les bâtiments de leur monastère, où se tenaient les chapitres géné- — 311 — raux de l'ordre, étaient si vastes et si somptueux que le roi d'Angleterre, Henri III, à son passage à Paris, en 1254, aima mieux loger au Temple qu'au palais de la Cité, que saint Louis lui avait offert pour résidence. Les rois de France avaient aussi un appartement réservé dans l'intérieur du Temple, et venaient y loger de temps à autre sous la foi des Templiers. ”
Le Nouveau conducteur dans Paris et dans les environs… (1851)
“ LA TOUR DU TEMPLE. Les Templiers, qui possédaient d'immenses richesses, avaient achelé, cent trente ans avant leur abolition, toute cette partie de Paris qu'on appelle aujourd'hui le Marais; c'étaient de vastes terrains marécageux; ils les desséchè- rent, les changèrent en riantes cultures, et élevèrent ou milieu de cette campagne un palais considérable qui devint le chef-lieu de l'ordre. ”
François-Just-Marie Raynouard,
Les templiers
(1805)
“ Traduction de la lettre de Clément V, qui annonce à Philippe le Bel que neuf templiers s’étant présentées par-devant le concile de Vienne pour défendre l’ordre au nom de quinze cents ou deux mille chevaliers, il a fait mettre en prison ces neuf templiers et les y fait retenir. ”
Histoire de Paris, l'ancien et le nouveau… (1879)
“ Jusqu'au règne de ce prince, le Temple n'avait trouvé dans les rois de France que des courtisans de la richesse, de l'orgueil et de l'audace des Templiers : la royauté s'en allait humblement frapper à la porte du Temple, pour déposer dans la tour ses tré sors et ses chartes ”
Les rues de Paris. Paris ancien et moderne… (1844)
“ Telle fut l'origine des Templiers, qui bientôt fondèrent partout des établissements et semèrent leurs commanderies en France, en Allemagne, en Angleterre, en Italie et dans la Sicile, presqu'aussi riche alors qu'elle l'était du temps des Romains. On ignore l'époque précise de leur arrivée en France, où ils apparaissent seulement en 1128, comme propriétaires du vaste ter- rain qu'occupent aujourd'hui la rue et le quartier du Temple. ”
P. Christian, Paris historique, promenade dans les rues de Paris… (1838-1839)
“ Les Templiers leur succédèrent, et conservèrent la propriété des bâtimens jusqu'à la bulle du 22 avril 1312, qui abolit leur ordre. Les Chevaliers de Malte en prirent possession après les Templiers, et s'y maintinrent jusqu'à la révolution de 1789. Quelques mois à peine écoulés, il ne restait pas le moindre vestige de ce monument consacré à la mémoire des hommes par trois chevaleries chrétiennes. L'église, élevée au treizième siècle par les Templiers, n'a pas tout-à-fait disparu au moment où j'écris, ce qui ne prouve rien d'ailleurs pour le moment où l'on me lira, si on me lit. ”
Charles Sellier, La Tourelle de la rue Vieille-du-Temple… (1887)
“ Et, en signe de laquelle saisye, mainmise et cryées, et suivant l'or- Temple. C'est ainsi qu'elle se serait appelée dès l'origine, parce qu'elle conduisait à la première demeure que les Templiers occupèrent aux environs de Saint-Gervais lors de leur établissement à Paris, c'est-à-dire au commencement du XII" siècle. ”
Jean-Jacques Desroches, Histoire des peuples anciens et de leurs cultes… (1851)
“ Ces idoles, ces hiéroglyphes, ces symboles, ces inscriptions se retrouvent sur les châteaux, les églises et les tombeaux des Templiers. Dans les Archives de l'histoire et de la geographie, 1818, nOS. 44 et 45, on trouve la description d'une église des Templiers à Schœngraben où plusieurs sculptures représentent ce culte, le Mété, son antagoniste le génie du mal, avec son emblème le lion (2) et avec le principal hiéroglyphe le grand serpent. Les mêmes représentations se trouvent dans l'église des Templiers à Ebenfurt et en plusieurs autres endroits ”
Jules Michelet,
Œuvres complètes de J. Michelet
“ Aven.) 59 — page 114 — Les Templiers étaient plus exclusivement fondés pour la guerre... « Si unio fieret, multum oporteret quod Templarii lararentur, vel Hospitalarii restringerentur in pluribus. Et ex hoc possent animarum pericula provenire... Religio Hospitalariorum super hospitalitate fundata est. Templarii vero super militia proprie sunt fundati. » (Dupuy, Preuves, p. 180.) ”
Charles Florentin Loriot, Oriens (1895)
“ Un temple peut parler, c'est un Dieu qui l'a dit: Parle donc, Saint-Etienne, et rends un témoignage A quelque saint mystère au vulgaire interdit. Fais taire la voix rauque et le vain bavardage De la cité lugubre où l'homme s'étourdit, Tire de tes flancs creux les accents d'un autre âge, Le nôtre t'est docile et déjà t'applaudit... J'écouterai, debout sur tes portes ouvertes, Les dalles que ta nuit antique a recouvertes Parler d'éternité, de mort, de jugement, Du réveil lumineux ou sombre de la cendre... Mais, le temple me dit, tout bas, terriblement : Si je parlais! ”
