Charles Delon

Résumé

Charles Delon Notre capitale Paris (1885)

Pas une oeuvre d'art qui, d'une façon ou de l'autre, ne soit une adulation.
Lui toujours, lui partout...
en peinture, en gravure, en mosaïque ; en pierre, en marbre, en bronze, en or, sous tous les aspects et sous toutes les formes ; à Versailles, à Paris, l'oeil ne peut rencontrer autre chose. Il semble qu'il n'y ait plus sous le ciel un autre objet possible que le roi, à peindre, à sculpter, à chanter. L'architecture, elle aussi, s'en mêle. Elle encombre notre Paris de lourdes flatteries bâties en pierre. Voyez, par exemple, la porte Saint-Martin sur le boulevard.
Source : Gallica

Charles Delon Notre capitale Paris (1885)

Mais Paris n'était pas payé ; au contraire, c'était lui, avec la France, qui faisait les frais du culte. Paris mécontent, Paris frondeur, — les temps de la Fronde n'étaient pas déjà si loin, — médisait du culte et du dieu, du cérémonial sacré, des grands seigneurs, valets chamarrés de cent couleurs, pomponnés de rubans et de dentelles, avec leurs monumentales perruques enfarinées d'amidon. Que voulez-vous ? Paris n'est pas courtisan. C'est pourquoi tout despote, d'instinct, a Paris en horreur. Louis le Grand, mes chers compatriotes, détestait sa bonne ville de tout son coeur de roi.
Source : Gallica

Charles Delon Notre capitale Paris (1888)

Quand vous entrez, l'œil encore rempli, aveuglé de la vaste clarté de la place, en passant de l'arche évasée du portail sous la voûte basse et les massifs piliers qui portent la tour et de là dans le bas côté, à l'ombre subite qui vous enveloppe, à la fraîcheur humide qui vous saisit, il semble que vous entrez dans un tombeau. Mais ce n'est qu'un instant.
La vue s'habitue au demi-jour. Et déjà vous vous avancez vers l'espace plus éclairé de la grande nef, sous la tribune de l'orgue. De là vous découvrez l'immensité du vaisseau, du portail des tours à l'abside, du pavé au ciel de la voûte.
Source : Gallica

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