Paul Haesaerts

Résumé

Paul Haesaerts William Degouve de Nuncques (1935)

Le drame de la vie réelle, ce drame nu, brutal, impitoyable dont Degouve de Nuncques s'était efforcé, son existence durant, de s'abstraire, ce drame l'artiste va s'y trouver tout à coup inéluctablement, irrémédiablement plongé. A 63 ans la paralysie le frappe. Cloué au lit, au fauteuil. Ses doigts, qui s'appliquèrent, en tremblant, à incarner dans une matière translucide un long rêve de beauté, il les voit, raidis et inertes, collés à ses genoux. La mélancolie, ce luxe sentimental, n'est plus de saison; c'est maintenant la douleur profonde, la rage au coeur et souvent l'explosion de colère.
Source : Gallica

Paul Haesaerts William Degouve de Nuncques (1935)

La petite famille disposait d'assez de ressources que pour ne pas devoir, — en vivant modestement, — songer à s'asservir à la pratique d'aucun métier. Dès l'enfance, William prit le pli de consacrer son temps à écouter ses émois, à aimer les choses, à rêver la vie. Tout l'incitait, — et son hérédité, et sa nature, et les circonstances extérieures, — à s'abstraire, et il s'accoutuma à recéler au fond de lui-même, comme un voleur le ferait d'un larcin au fond d'une cachette, les bijoux, les pierres précieuses et les perles que sa méditation passionnée dérobait au monde.
Source : Gallica

Paul Haesaerts William Degouve de Nuncques (1935)

Quelques traits, à la fois hésitants et fermes, purs ou délicatement rehaussés de tons pâles, quelques lignes tracées sur un papier de nuance discrète et neutre suffisent pour faire vivre, avec intensité, une proche et lointaine réalité de rêve. Peut-être l'artiste de race ne se révèle-t-il nulle part mieux que dans ses humbles feuilles d'étude, — dont il en est tant et tant qui se perdirent, — et qui, à elles seules, sont capables, comme dans le cas de Degouve de Nuncques, de déclencher en nous une vive et délicieuse émotion : apartés d'un prix inestimable.
Source : Gallica

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