Paul Haesaerts, William Degouve de Nuncques (1935)
“ Le drame de la vie réelle, ce drame nu, brutal, impitoyable dont Degouve de Nuncques s'était efforcé, son existence durant, de s'abstraire, ce drame l'artiste va s'y trouver tout à coup inéluctablement, irrémédiablement plongé. A 63 ans la paralysie le frappe. Cloué au lit, au fauteuil. Ses doigts, qui s'appliquèrent, en tremblant, à incarner dans une matière translucide un long rêve de beauté, il les voit, raidis et inertes, collés à ses genoux. La mélancolie, ce luxe sentimental, n'est plus de saison; c'est maintenant la douleur profonde, la rage au coeur et souvent l'explosion de colère. ”
