René Benjamin

René Benjamin

Résumé

Portrait de René Benjamin René Benjamin Les Plaisirs du hasard

Le docteur. — Il vous embrasserait !
Emmanuel. — Il aime donc le naturel ?
Le docteur. — Et les bonnes blagues...
Emmanuel. — Ah ! Docteur, je ne fais aucune blague ! C’est vous qui vous prêtez à l’immense blague qu’est la Société, laquelle, en organisant, en hiérarchisant, en administrant, en jugeant, en enseignant, en soignant... euh !... non... je... veux dire... en s’installant, en s’imposant, en y croyant, tue l’originalité du Créateur. Songez, Madame, que la nature n’est ni comme la Sorbonne, ni comme l’institut : la nature est fantasque.
Source : Wikisource

Portrait de René Benjamin René Benjamin Les Plaisirs du hasard

Emmanuel. — Ah ! vous êtes une créature charmante ! Mon cœur le savait. Il battait comme un fou de vous attendre. Donnez vos mains que je les embrasse !
Ève. — Monsieur...
Emmanuel. — Vous verrez : nous aurons une plaisante vie, qui sera toujours comme un voyage. Ne vous inquiétez de rien. Votre père se doute et a la fièvre ; votre mère, ravie, en pleurera de joie ; votre frère est un farceur qui nous est tout acquis ; et le Curé a nos noms sur son calepin, pour le jour que je vous annonce.
Ève. — Le vingt-huit ?... Est-ce que je rêve ?... Laissez-moi m’asseoir.
Emmanuel.
Source : Wikisource

Portrait de René Benjamin René Benjamin Les Plaisirs du hasard

N’avez-vous jamais aucun caprice ? Jamais ne vous passe-t-il par la tête quelqu’une de ces bonnes saines idées que le monde appelle folies ? Vous croyez à la Société avec sa morale, ses Académies et ses échéances ? Monsieur Rat, vous êtes une force. Maintenant que vous me faites rire, je suis heureux de vous payer. Voici vos quatre cents francs. Si j’osais, j’en mettrais cinq, d’autant plus que j’endosse à la place de votre complet correct, ce vieux costume, brillant d’une fantaisie charmante. Regardez-le bien, Monsieur Rat.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature