Mme Augustin Thierry

Résumé

Mme Augustin Thierry Revue des Deux Mondes

Un motif plus spécial agissait encore sur l’esprit de madame Necker. Malgré sa raison ferme et droite, le directeur général avait un faible qui se rencontre chez beaucoup d’hommes de mérite. Il aimait la louange, et même la flatterie ; elle le charmait sous quelque forme et de quelque part qu’elle lui vînt. Un homme léger, et d’un caractère équivoque, le marquis de Pezay, jouissait à ce titre de toute son amitié ; il l’avait gagnée durant la querelle de M. Necker avec Turgot, en lançant contre ce dernier et ses amis, un déluge de plaisanteries, de petits vers, de médisances et de calomnies.
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Mme Augustin Thierry Revue des Deux Mondes

Je n’ai pas vu votre ville de Genève ; mais j’ai traversé quelques-uns des cantons suisses, et tout s’y passe, je crois, à peu près comme chez vous ; là, point de noblesse, mais un patriciat ; qui, sans être onéreux à personne, maintient le lustre des bonnes familles. Vous êtes patricien, monsieur ?
Auberti fit un mouvement de tête qu’on pouvait interpréter comme un signe d’affirmation.
— Je vous en félicite, comparez, je vous prie, cette situation avec celle d’un gentilhomme en France. Vous n’écrasez, vous n’humiliez personne ; vous êtes les premiers entre des citoyens libres et égaux
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Mme Augustin Thierry Revue des Deux Mondes

Par de petites causes, monsieur le marquis ! dit l’abbé Raynal ; oui, on peut trouver cela, si l’on regarde avec légèreté, si l’on s’arrête à la superficie, à des circonstances fortuites, comme la chute d’une herse, une marmite lancée à la tête d’un soldat, un coup de canon qui brise des échelles ; mais, derrière ces causes apparentes, il y en a une plus réelle, et dont la grandeur est sans mesure. Ce qui sauva Genève, ce fut l’esprit républicain, l’amour des lois avec la liberté. La liberté s’est levée au cri de ses enfans en danger ; elle a combattu et triomphé pour eux !
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