René Du Mesnil Maricourt

Donatien (1865)

Résumé

René Du Mesnil Maricourt Donatien (1865)

Quand tout fut fini, la marquise, n'ayant plus de motif à dévouement, redevint légère, inconséquente et railleuse. L'austérité de Blanche lui imposait; elle prit l'habitude de s'en venger à grands coups de langue. La veuve eut quelque peine à lui faire sentir que sa présence lui était pénible.
En revêtant ses habits de deuil, Blanche se dit : « Dorénavant, entre le monde et moi, j'élève une barrière; sa méchanceté m'a atteinte jusque dans le calme de mon existence si retirée; eh bien! je me fortifierai encore davantage dans le fond de mon irtérieur et nul n'y pénétrera. »
Source : Gallica

René Du Mesnil Maricourt Donatien (1865)

Oui, c'est à la fois un dérivatif et une protection.
— Contre qui, ma cousine?
— Contre nous-mêmes, ma petite Blanche, contre notre imagination, notre curiosité. Voyons, parlezmoi franchement, est-ce que votre existence ne vous laisse aucun vide dans l'âme? Vous aimez votre mari, vos enfants, soit; vous avez — et elle jeta un coup d'œil circulaire sur le jardin et la maison — une jolie habitation, de la verdure, des fleurs, des oiseaux qui chantent; mais là, dites-moi tout de bon, n'avez-vous rien rêvé au delà? Votre horizon ne vous paraît-il pas un peu borné?
Source : Gallica

René Du Mesnil Maricourt Donatien (1865)

La passion, chez vous, vous laisse le sang-froid nécessaire pour combiner des stratagèmes ingénieux. C'est encore de la vertu, probablement? Quelle vilaine chose que la perfection !
si vous ne trompiez pas, au moins ! si vous ne paraissiez pas capable d'éprouver de l'amour, on ne s'y laisserait pas prendre ! mais tout est faux chez vous autres saintes, depuis le sourire, qui est un rictus involontaire, jusqu'au cœur qui fait semblant de battre, tandis qu'il n'y a rien.
— Je vous pardonne, ami, je vous pardonne, répondit Blanche avec une douceur résignée, parce que vous souffrez
Source : Gallica

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