Résumé

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Une histoire de famille, par Méry (1856)

C'est aujourd'hui, pour nous deux, une échéance de mort...
— Ah ! fit le comte en se frappant le front, c'est juste ; nous devions nous tuer aujourd'hui ; mais nous vivrons... laissez-moi cependant vous serrer la main ; vous êtes un digne jeune homme; vous étiez prêt pour la mort. Il y a un coeur de héros chez vous... Riche, jeune, sain de corps et d'esprit, il n'a pas reculé devant le suicide, ce noble San-Nereo ! Eh bien! si Dieu juge dans sa justice, vous épouserez Blanche, je vous en donne ma parole d'honneur.
Source : Gallica

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Une histoire de famille, par Méry (1856)

Il y eut un long intervalle de silence, que San-Nereo interrompit le premier, en murmurant avec tristesse ces mots :
— Quinze jours! quinze jours !... L'éternité !
— L'éternité, reprit le comte, l'éternité la voici : c'est la prison après l'assassinat. La loi, quand elle juge, n'admet pas, comme circonstance atténuante, la jalousie du passé.
— Quand on a tué, on se tue, dit le jeune homme d'une voix sombre.
— On se tue, enfant... et on tue du même coup une pauvre fille et son père, ajouta le comte Gaëtan, ému aux larmes.
Source : Gallica

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Une histoire de famille, par Méry (1856)

Pascal, dit Saint-Servais d'un ton honnête, ce que tu n'as pu faire, toi, par tes conseils, Isaure le fait par son amour et son charme ; elle me détourne d'une autre expédition...
— Comment, interrompit Pascal, la première ne t'a pas corrigé ?
— Est-ce qu'on se corrige ! reprit Saint-Servais. Nous naissons avec nos penchants, et chaque matin nous nous levons sur le bord d'un précipice, avec un vertige au front. Si une voix aimée ne nous fait pas tourner le regard en arrière, nous tombons le lendemain comme la veille ; le vertige est plus fort que la raison.
Source : Gallica

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