Résumé

Réflexions sur la liberté de la presse… (1849)

Or, l'homme, en se rassemblant en société, a-t-il pu apporter avec lui le droit naturel de publier ses pensées, puisqu'il sortait d'un état de choses où il savait à peine ce que c'était que de penser, où il ne savait ni lire ni écrire, où il n'existait ni encre, ni papier, ni imprimeurs? c'est-à-dire un droit que l'homme, dans l'état de nature, ne peut pas seulement soupçonner, pas plus que la nature elle-même. Non, évidemment non ! Ainsi, sollicitez la libre circulation des pensées, si vous la jugez bonne, mais ne la réclamez pas comme un droit naturel
Source : Gallica

Réflexions sur la liberté de la presse… (1849)

LA LIBERTÉ DE LA PRESSE.
Le principe de la libre circulation des pensées, comme tous ceux dont nous ont infestés les philosophistes du XVIIIe siècle, est faux, désorganisateur, anti-social.
Les imprudents! ils nous ont accordé le droit de tout dire, pour fournir à l'homme les moyens de prouver jusqu'à quel degré d'abjection il tombe lorsqu'on l'abandonne à lui-même ; ils nous ont accordé le droit de tout faire, pour fournir à l'homme les moyens de donner la mesure de sa férocité.
Source : Gallica

Réflexions sur la liberté de la presse… (1849)

Entendent-elles que l'art d'écrire puisse être transformé en métier? Voulaient-elles que la presse pût être personnifiée, en sorte qu'à l'ombre sous son invisible manteau, chacun eût le loisir de s'investir d'une sorte de magistrature, de prononcer ses arrêts avec le ton d'autorité d'un juge de cour souveraine, de régenter la société, de prétendre à la direction de l'opinion publique, de se déclarer rival du gouvernement, enfin de s'instituer l'un des pouvoirs de l'Etat ?
Source : Gallica

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