Simone Weil,
Poèmes, suivis de Venise sauvée
“ Il donnerait volontiers sa vie, quoique étranger, pour préserver Venise. Violetta est heureuse de ces paroles. Elle regrette que Jaffier ne soit pas de Venise. LE SECRÉTAIRE, à Violetta. Enfant, qui crois qu’une ville est défendue par sa beauté ! Heureusement nous avons des raisons plus sérieuses d’être tranquilles ; grâce à nos soins et à notre bonne fortune, rien ne nous menace en ce moment. Mais toi, enfant, ne sais-tu pas que jamais cité n’a été préservée par la pitié d’un ennemi ? Et toi, dans tes jeux, n’as-tu jamais effeuillé une fleur, brisé un jouet, arraché les ailes d’un insecte ? ”
