Antoine Fontaney

Résumé

Antoine Fontaney Revue des Deux Mondes

Il y avait déjà bien du sang dans l’arène ! À mesure qu’il coulait, le peuple s’enivrait davantage. La fièvre commençait à le prendre.
— Bravo toro ! Buen toro ! criait-il, trépignant et applaudissant avec fureur.
Mais le taureau s’était précipité sur le nouveau cheval que montait Pinto. La lance du picador avait été brisée, dans le choc, sur le cou du furieux animal, qui, ayant enfoncé sa corne tout entière dans le poitrail du cheval, s’acharnait à fouiller cette profonde blessure, comme s’il eût voulu y plonger toute la tête.
C’était le jeune matador Montès qui devait tuer ce taureau.
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Antoine Fontaney Revue des Deux Mondes

Lorenzo s’interrompit un instant ; sa voix tremblait.
— Oh ! vous savez donc ?... dit Paquita.
— Oui, je sais tout, reprit-il avec calme, je sais que vous n’avez pu vous conserver à moi ; je sais que vous êtes mariée ! vous le voyez, vous n’avez rien à m’apprendre.
La jeune femme avait baissé la tête et pleurait.
— Ne pleurez pas, continua-t-il en lui prenant la main : je ne vous accuse point. Nous n’avons nul reproche à nous faire ; je ne suis plus libre moi-même, j’ai fait mes vœux.
À ce moment on entendit des voix au bas de l’allée et des pas qui s’approchaient.
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Tous les toreros s’étaient rangés autour d’eux, faisant mille efforts désespérés pour sauver ce qui restait de leur camarade, pour sauver ce qui ne semblait plus qu’un misérable débris d’homme.
Enfin, le taureau, distrait et ébloui par la vue du manteau écarlate d’un des capeadors, et s’attachant à ce nouvel adversaire, courut vers l’autre côté de l’arène, laissant le pauvre Montès étendu à terre, sans mouvement, les habits déchirés et en lambeaux, tout souillé de poussière et de sang.
On l’avait emporté hors du cirque ; il était tenu pour mort par chacun.
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