Résumé

Souvenir du collège Saint Joseph… (1871)

Deux jours d'un mieux factice ne réussirent qu'à mettre Mme Ducellier dans une plus grande illusion.
Le dimanche 26 février, la fièvre redouble. « Petite mère, demande Prosper, comme unique soulagement à ses maux, restez aujourd'hui près de moi, n'allez pas à la messe; Dieu vous le pardonnera ; je souffre tant ! » En effet, l'assaut du mal fut violent. La tête en feu, l'œil abattu et immobile, les membres agités, l'enfant a besoin de toute l'énergie de sa volonté pour ne pas se plaindre et murmurer; il n'y a que le cœur qui reste en lui plein de vie et d'amour.
Source : Gallica

Souvenir du collège Saint Joseph… (1871)

Le jeudi, vingt-troisième jour de la fièvre, le mal avait fait d'effrayants progrès ; l'enfant resta tout le jour dans un état de prostration et de stupeur alarmant ; rien ne pouvait l'en arracher ; une voix amie, dont les accents lui allaient au cœur, fut seule capable de le retirer un instant de ce lourd sommeil.
« Prosper, mon fils, regardez-moi ! M'entendezvous? »
Le moribond entr'ouve ses grands yeux, à demivoilés déjà par la mort : « — Ah ! mon Père Argand ! » dit-il avec effort, et la vie semble renaître.
Source : Gallica

Souvenir du collège Saint Joseph… (1871)

Ce cachet d'une âme bien née marqua toute la vie de Prosper. Comme le petit enfant se laisse mener à la lisière et n'a d'assurance qu'autant qu'il sent la main maternelle, ainsi Prosper à seize ans , par instinct et par amour, était resté d'une dépendance et d'une docilité sans réserve. Quand on a pour boussole le cœur d'une mère chrétienne et qu'on règle sa conduite sur ses conseils, on est sûr de marcher droit au port. C'est ce que fit constamment notre cher écolier.
Source : Gallica

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