Résumé

Victor Bérard Un mensonge de la science allemande…

Que l’on juge comme on voudra cette théorie de Wood, il est certain qu’elle est tout juste l’opposé des « théories de Wolf » : car Wood croit à l’existence d’un poète et d’un seul poète, auteur de toute l’Iliade et de toute l’Odyssée ; s’il ne croit pas à l’existence d’un écrivain alphabétique, c’est que l’existence de l’alphabet et même de l’écriture ne lui semble pas nécessaire à la composition d’un poème de quinze mille vers ; la composition, dit-il, est un effet du génie ; l’écriture, un simple ouvrage de l’art.
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Victor Bérard Un mensonge de la science allemande…

Mais l’antiquité ne doit pas s’entendre seulement des siècles grecs et romains : par Byzance, le moyen-âge, l’humanisme italien et le classicisme anglo-français, l’antiquité vient jusqu’à nos philosophes du xviiie siècle, tout au moins jusqu’aux disciples de Descartes qui appliquèrent aux études homériques les principes du maître.
Durant toute cette époque ancienne, la critique d’Homère eut un caractère constant : elle crut à l’existence du poète ; elle tint l’Iliade et l’Odyssée, tout comme l’Énéide, pour des poèmes « réguliers », pour les œuvres d’un écrivain et d’un artiste.
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Victor Bérard Un mensonge de la science allemande…

Nous voyons pourtant les auditeurs affluer en nos Concerts pour entendre une musique que la majorité d’entre eux ne sauraient pas lire, et nous voyons des compositeurs, consacrant leur vie à d’énormes « vaisseaux de ligne », travailler pour un public dont les yeux ne liront jamais peut-être une de leurs notes. Puisque l’Allemagne de Wolf pouvait avoir ses Beethoven, pourquoi la Grèce primitive n’aurait-elle pas pu avoir ses Homère, qui ne comptaient, pour être compris et admirés, que sur les oreilles de leurs contemporains, sur l’audition de leurs ouvrages ?
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