Résumé

Ed. Quinet Revue des Deux Mondes

Mais toujours quelque malaise du monde les démentira. Virgile, Tasse, Camoens, ont caché maintes blessures sous leur pourpre tyrienne. Dante, Shakspeare, sont venus à leur tour. D’autres siècles ont amené d’autres vers. Le temps des rires a passé comme celui des larmes. Le moyen-âge, contristé, a fini comme la Grèce imprévoyante. La douleur s’est effacée comme la joie. Tout a été essayé ; tout a changé ; tout a reparu. Mais rien n’a plus souri sur terre du sourire de la poésie d’Homère, ni la fleur, ni la vierge, ni le vieillard, ni le poète.
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Ed. Quinet Revue des Deux Mondes

Quand on aperçoit de loin la cathédrale de Milan, on dirait d’un édifice de glace, bâti là de toute éternité, à la descente des Alpes. C’est la vieille cathédrale gothique qui a servi de modèle à cette architecture ; mais combien le type austère de Cologne et de Strasbourg n’a-t-il pas été altéré sous le ciel énervant de l’Italie ! La voûte ténébreuse du nord s’est changée en un marbre blanc d’un éclat presque païen. Sur cette terre de Saturne, le mysticisme de l’architecture gothique est dépaysé ; le soleil ardent du midi pénètre, avec une curiosité profane, jusqu’au fond de la nef.
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Ed. Quinet Revue des Deux Mondes

L’image que les chrétiens du moyen-âge se faisaient de la cité de l’avenir, semble avoir été réalisée, en partie, par la sculpture et par la peinture du seizième siècle ; cet art ne fut lui-même si puissant que parce qu’il accomplit sur terre, quoiqu’en le rabaissant, l’immense idéal qui avait obsédé le cœur des hommes. La ville des ames fut véritablement alors bâtie de pierre et de ciment ; et la Rome du paganisme, du christianisme, du moyen-âge, de la renaissance, comprenant tous les temps, toutes les formes, devint l’image de la cité de la providence ou de l’histoire universelle.
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