Résumé

E. Egger Revue des Deux Mondes

Zénodote, Aristophane, avaient signé de leur nom des textes d’Homère corrigés par leurs soins. Aristarque, venu après tant de maîtres, instruit par leurs exemples et souvent par leurs erreurs, doué d’ailleurs d’un sens critique aussi juste que délicat, et muni d’une grande érudition, publia à son tour un Homère qui surpassa tous les autres, sans les faire complètement oublier, et mérita de parvenir jusqu’à nous, comme le dernier effort de la science et du goût dans une étude où, depuis Pisistrate, la Grèce avait déployé, avec amour, tant de savoir et de subtilité.
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E. Egger Revue des Deux Mondes

Denys d’Halicarnasse n’est le plus souvent qu’un rhéteur à courte vue, qui doit sa réputation chez les modernes au malheur qui nous a privés des ouvrages de ses maîtres. Il gourmande Hérodote et Platon, d’ordinaire sans comprendre la puissance et la délicatesse de leur génie. Gardons-nous de mesurer l’esprit grec sur les proportions de cette maigre et plate littérature. La Grèce a eu d’autres critiques plus dignes de ce nom : Aristote, au premier rang, par les dates comme par la profondeur des théories, et, pour l’art de juger les hommes, Aristarque et Longin.
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E. Egger Revue des Deux Mondes

Si tout cela n’est qu’une fable, avouons qu’il y a des fables qu’on aimerait croire sans discussion.
Il est certain que, sur un terrain plus scientifique, Cratès et Aristarque représentent l’opposition des écoles de Pergame et d’Alexandrie. Cratès n’était pas un rival indigne d’Aristarque. Il voulait que la critique fût la science de tout ce qui tient aux œuvres de l’esprit ; il réservait le nom de grammaire pour cette connaissance toute matérielle du langage qui s’attache aux mots et aux syllabes. Le grammairien, disait-il, c’est le manœuvre ; le critique, c’est l’architecte.
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