Virginie Ancelot

Virginie Ancelot

Résumé

Portrait de Virginie Ancelot Virginie Ancelot Antonia Vernon

Antonia ne put s’empêcher de jeter sur le visage de cette femme un regard de pitié au moment où, passant à ses côtés, elle allait la laisser derrière elle. La vieille portait en même temps ses regards sur le visage de la jolie enfant, et ces regards échangés furent comme deux lueurs qui éclairèrent une partie de leur âme et y laissèrent lire des impressions rendues visibles. Dans l’âme de la jeune fille était la douce sympathie pour la vieillesse souffrante, dans l’âme de la vieille une profonde haine pour la jeunesse heureuse.
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Portrait de Virginie Ancelot Virginie Ancelot Antonia Vernon

Cependant la jeune fille, qui se sentait sous le feu des regards haineux et méchants de cette horrible femme, n’osait plus faire un mouvement, et il lui fallut un grand effort joint à cette idée : c’est qu’elle souffre ! — pour qu’elle avançât une petite main tremblante afin de lui faire sa modeste offrande. Mais la vieille recula, ne prit pas ce qui lui était offert ; puis, après un profond gémissement, elle cacha son visage dans ses mains décharnées et pleura... Antonia restait immobile à sa place ; alors la vieille fit une espèce de bond, s’écarta et courut loin d’elle sur la large route.
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Portrait de Virginie Ancelot Virginie Ancelot Antonia Vernon

La jeunesse a des forces et des espérances surabondantes pour supporter le malheur, et le malheur, même le plus cruel, n’y est jamais sans consolations immédiates ou lointaines.
Mais quand les jours de tristesse viennent à une époque de la vie où l’on sait à quoi s’en tenir sur toute chose, il faut un courage presque surhumain pour n’en être pas abattu ; on sent trop qu’il prend possession de vous pour toujours.
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