Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire LETTRE DE M. DE VOLTAIRE (1773 - 1776…

M. Linguet, avocat de M. le comte de Morangiés, résistant seul, par sa fermeté et par son éloquence, à une foule d’avocats séduits par les Véron, devenus malgré eux les organes du mensonge, à la cabale d’une populace déchaînée, à la sentence d’un bailliage prévenu et partial, s’est fait une réputation qui durera autant que le barreau.
Le parlement s’en est fait une plus grande en débrouillant ce chaos de fraudes et d’impostures, accumulées pendant deux ans entiers par tant de suppôts de l’usure et de la chicane.
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Portrait de Voltaire Voltaire LETTRE DE M. DE VOLTAIRE (1773 - 1776…

Si l’on en croit cette cabale, il suffit d’être d’un sang noble pour être un coquin, et la vertu ne se réfugie que chez une entremetteuse sortie de l’Hôpital, chez le cocher Gilbert, chez un clerc de procureur vérolé, chez Du Jonquay, soldat dans les troupes des fermes, et marchandant une charge de magistrat.
À quelles ressources, hélas ! l’éloquence et la raison même sont-elles réduites quand elles combattent la vérité !
Qu’importe à toute cette grande affaire ce qu’aura conté un soir M. de Morangiés à Mme Maisonneuve et à M, Cochois ?
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Car comment serait-il possible que M. de Morangiés, n’ayant reçu, par exemple, que cent mille francs, comme ces messieurs le supposent, eût été assez ennemi de soi-même pour signer des billets de trois cent vingt-sept mille livres, qui feraient plus de trois fois et un quart la valeur reçue ? Ce serait une usure de deux cent vingt-sept pour cent : usure aussi chimérique que toute la fable des Véron ; usure plus criminelle encore, s’il est possible, que la manœuvre avérée dont ils sont coupables.
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