Édouard de La Grange

Résumé

Édouard de La Grange Revue des Deux Mondes

Les Grecs ont donné, à l’amour et à la mort les mêmes attributs, la beauté et un flambeau. — Pour moi, ce n’est qu’une torche funèbre, mais j’aime la mort et par conséquent l’amour. — Ma vie a été long-temps une muse tragique ; je me plais à percer d’un poignard le sein d’une muse, car une blessure, c’est presque la moitié d’un cœur !
Aux yeux de l’être infini, la prière pour un monde ou pour un morceau de pain ne diffère que par la vanité de celui qui prie ; et Dieu compte les soleils et les cheveux, ou il ne compte ni les uns ni les autres.
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Édouard de La Grange Revue des Deux Mondes

C’est ainsi que l’on attribue à un seul homme beaucoup plus de vertu, de sagesse et de génie qu’à tout un peuple.
L’amour de la patrie n’est qu’un cosmopolitisme plus restreint, et la philanthropie la plus sublime est le patriotisme du sage qui embrasse toute la terre. Dans mes jeunes années, la multitude des hommes m’affligeait souvent, parce que je me sentais dans l’impuissance d’aimer à-la-fois tant de millions d’individus ; mais le cœur est plus vaste que la tête, et l’homme le meilleur devrait se mépriser, si ses bras ne pouvaient s’étendre que sur une seule planète.
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Édouard de La Grange Revue des Deux Mondes

Il y a une sorte de tolérance sublime qui n’est point le fruit de la paix de Westphalie, mais d’une vie épurée par les années et par les progrès. Cette tolérance trouve ce qu’il y a de vrai dans chaque opinion, de beau dans chaque espèce de beauté, ce qu’il y a de comique dans chaque plaisanterie, et dans les hommes, dans les peuples et dans les livres, elle ne prend pas la diversité et l’individualité des perfections pour l’absence de ces dernières. Ce n’est pas seulement ce qui est excellent qui doit nous plaire, mais encore ce qui est bon.
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