Élisa de Mirbel

Résumé

Élisa de Mirbel Histoires d'amour (1852)

Tandis que vous, c'est tout autre chose.
— Allez, Vicenzio, ceux qui m'aiment ne sont pas si nombreux, que vous deviez faire ma part meilleure que la vôtre.
— S'il n'y a pas le nombre pour vous, du moins il y a la qualité; et, sans compter vos amis, à qui vous feriez faute, n'y a-t-il pas votre mari?
— Ah ! mon mari ! fit Lucy, probablement il m'aime, mais ce n'est pas au point d'éprouver les regrets dont vous parlez.
— Aimer avec passion, haïr avec rage, tel est le tempérament des Corses, et Tiburce Tanni est Corse.
Source : Gallica

Élisa de Mirbel Histoires d'amour (1852)

On fait grand bruit des incompatibilités de caractères. On se tait sur celles du tempérament, et, comme si nous étions de purs esprits, on met à part les gênes physiques plus persistantes encore que les autres, puisque la raison ne parvient pas à dominer la sensation.
Au rebours, Marco ne croyant plus que Lucy pouvait dans son ennui se faire de lui un jeu périlleux à sa vertu, acceptait avec empressement les avances de Tiburce, si bien qu'il était plus souvent à Consoli qu'à San-Lorenzo. C'était vivre en tête-à-tête avec Lucy, toujours solitaire par suite du sommeil de son mari.
Source : Gallica

Élisa de Mirbel Histoires d'amour (1852)

A distance, les montagnes de la Corse apparaissent comme un seul et aride rocher, qui n'a d'attrait que pour celui qui doit retrouver dans ses flancs des êtres aimés. Lucy qui arrivait en quelque sorte indifférente, éprouvait du désappointement de trouver cette île si peu pittoresque. Enfin elle découvrit Bastia, dont les maisons hissées les unes sur les autres, ne sont embellies par aucune végétation ; à l'entour, il n'y a ni prairie, ni rivière ombragée; la pierre du rocher se confond avec celle des habitations et l'une et l'autre sont aussi sombres, et presque également rustiques.
Source : Gallica

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