Résumé

Émile Saisset Roger Bacon, sa vie son oeuvre

Supposer un homme qui n’aurait avec ses contemporains aucun point de ressemblance, c’est supposer plus qu’un prodige, c’est imaginer un monstre, une apparition inexplicable et inutile. Roger Bacon a subi, et, qui plus est, librement accepté les conditions organiques de la vie morale au XIIIe siècle. Il s’est fait moine par vocation, et il est resté moine dans le fond le plus intime de ses croyances. Pour lui, la vérité réside dans les saintes écritures ; il ne reste qu’à l’en faire sortir ou à l’y rattacher : c’est à quoi sert la philosophie.
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Émile Saisset Roger Bacon, sa vie son oeuvre

Ce n’est pas à la légère que le génie profondément pénétrant d’Aristote avait imposé à qui veut pénétrer la nature intime d’un être quelconque ces deux questions : quelle est la substance de cet être, c’est-à-dire le fond, la base, le sujet de ses attributs et de ses modes ? et puis quelle est l’essence de cet être, c’est-à-dire son attribut distinctif, caractéristique ? La substance, c’est ce qu’Aristote appelle la matière ; l’essence, c’est ce qu’il nomme la forme.
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Émile Saisset Roger Bacon, sa vie son oeuvre

Roger Bacon a plus de fécondité dans le génie. Ce n’est pas seulement un promoteur, c’est un inventeur. S’il n’a pas connu et décrit la méthode d’observation et d’induction avec cette netteté, cette suite, cette puissance qu’on ne peut assez admirer dans le dernier Bacon, on peut dire qu’il l’a maniée avec plus d’assiduité et de bonheur. Le génie du chancelier regarde la nature de haut ; celui du franciscain vit avec elle dans un commerce intime et familier. Aussi lui a-t-elle confié quelques-uns de ses secrets. Transportez Roger Bacon au XVIe siècle : il eût été Kepler ou Galilée.
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