“ Transfiguration de Jésus-Christ. Il guérit un lunatique, et paye les didrachmes. 1 Six jours après, Jésus prit Pierre, Jacques et Jean son frère, et les mena sur une haute montagne, à part. 2 Et il fut transfiguré en leur présence ; son visage devint resplendissant comme le soleil, et ses habits devinrent éclatante comme la lumière. 3 En même temps, Moïse et Elie apparurent, qui s’entretenaient avec lui. 4 Alors Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : Seigneur, il est bon que nous demeurions ici ; si tu veux, faisons-y trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie. ”
Transfiguration de Jésus
Définition et enjeux
Citations sur “Transfiguration de Jésus”
Jean Chrysostome,
Œuvres complètes
“ Comme le nom de royaume céleste était obscur pour ceux à qui on le prononçait, c’est pour cela que Jésus-Christ, se transportant sur une montagne, se transfigura en présence de ses disciples, qu’il leur fit voir un échantillon de la gloire future, et comme une image imparfaite de ce que seraient un jour nos corps. Dans sa transfiguration, il se montra avec ses habits, ce qui ne sera pas dans la résurrection de nos corps. Ils n’auront besoin ni de vêtement, ni de toit, ni d’abri, en un mot, d’aucune des commodités que nous leur procurons. ”
Cinquantenaire pastoral de M. Casimir de Visme… (1881)
“ Certes, Jésus-Christ est grand quand il entre dans le Temple à Jérusalem, fait son fouet de cordes et chasse de la Maison de son Père tous les trafiquants, en prononçant ces paroles : « Ma maison est une maison de prières. » Mais Jésus-Christ est encore plus grand quand il se laisse battre de verges par les soldats romains et qu'il n'ouvre point la bouche ! Jésus-Christ est grand quand, sur la montagne de la Transfiguration, le Père céleste jette sur lui un manteau de lumière et de gloire ”
Evangile selon saint Marc (1929)
“ Dans sa Transfiguration, Jésus avait lui aussi des vêtements blancs, mais il est bien clair par ce qui suit que ce n'est pas Jésus qui apparaît. Sa résurrection demeure enveloppée dans le mystère. D'après l'ensemble, il semble que c'est l'ange qui a roulé la pierre. Rien n'indique que ce fût pour faire sortir Jésus, comme Loisy l'affirme gratuitement (II, 716) . ”
Maxime Du Camp,
Iconographie chrétienne
“ « L’art a deux choses à faire ; il doit représenter le corps de l’homme, et par les gestes et par les mouvemens de ses parties il doit représenter aussi son esprit. » La Tentation de M. Bida est la mise en pratique de ces préceptes. Une autre composition peut prendre place à côté de celle-là c’est la Transfiguration selon saint Matthieu (XVII) . La transfiguration de Jésus est un fait surnaturel auquel les évangélistes tenaient d’autant plus qu’il symbolise la transformation du judaïsme en christianisme ”
Alfred Loisy,
Les origines du Nouveau Testament
(1936)
“ Ainsi les démons ne se lassent pas de proclamer que Jésus est le Fils de Dieu, et Jésus, qui ne se lasse pas de les chasser, ne se lasse pas non plus de les faire taire ; même consigne est expressément donnée aux disciples après la confession de Pierre ; de même après le miracle de la Transfiguration. ”
Evangile selon saint Marc (1929)
“ Cette espérance juive, qu'on estima chez les chrétiens réalisée en Jésus, aurait été fusionnée avec le mythe de la transfiguration pour rendre intelligible aux gentils celui du judaïsme. L'auteur a compris que pour la croissance du double mythe il a fallu un temps très long, qui a manqué entre la vie de Jésus et la narration de Me., et c'est pourquoi il les projette dans un lointain passé. ”
Alfred Loisy,
Jésus et la tradition évangélique
(1910)
“ Le récit de la transfiguration, quelle que soit son origine, est maintenant tout symbolique, tout imprégné de messianisme ; il procède de la tradition apocalyptique concernant les deux témoins, précurseurs du règne messianique, Moïse et Élie, et il résume l'apologie du christianisme primitif devant les Juifs. Ce tableau grandiose représente' en effet, le témoignage que la Loi et les Prophètes rendent au Christ Jésus. ”
Adolphe Lods, L’évangile et l’apocalypse de Pierre
“ Ce n’est pourtant pas de la transfiguration qu’il s’agit ici ; il est même fort douteux que la scène se passe pendant la vie terrestre de Jésus ; car les ouvrages analogues, le Testament de Christ [2] , l’apocalypse de Jean (Tisch., Apoc. Apocr., pp. 70-93) , ne placent qu’après la résurrection les révélations suprêmes du Seigneur à ses disciples. La majeure partie du fragment (5-35) est occupée par la description du séjour des justes et de celui des damnés. ”
Evangile selon saint Marc (1911)
“ Aucun moderne ne soutient plus l'opinion de Chrys., Euth., Théoph., que la promesse de Jésus avait été tenue par la Transfiguration; il est trop évident que six jours d'intervalle ne répondent pas à la formule « quelques-uns des assistants ne mourront pas ». D'ailleurs cette interprétation vient du gnostique Théodote (dans les Excerpta Theodoti ap. CLEM. AL. § 4, Swete) . 2-8. LA TRANSFIGURATION (Mt. XVII, 1-8; Le. IX, 28-36; cf. II Pet. 1, 16 ss.) . 2) jiîià ripipaç fE étonne, parce que c'est la seule date précise en dehors de et les conduisit seuls sur une haute montagne à l'écart. ”
“ Si le Christ naît, croît, fait des miracles, souffre, meurt et ressuscite, ce sont les actes et une destinée du Messie, et, au-dessus, Dieu demeure dans son immuable identité. Ainsi, en tant que le mot mythologie est pris dans le sens indiqué plus haut, le Nouveau Testament ne connaît pas non plus de mythologie. Cependant, en face de l’Ancien Testament, la position est quelque peu changée. Jésus s’appelle le fils de Dieu, non dans le même sens que les rois théocratiques qui ont porté ce titre, mais comme engendré véritablement par l’esprit divin, ou parce que le Verbe divin est incarné en lui. ”
F.-H. Didon, Revue des Deux Mondes
“ Il n’existe que dans la fantaisie pieuse des croyans, qui l’a créé de toutes pièces. Le vrai Jésus, le Jésus de l’histoire, est né comme tous les hommes, il a vécu comme eux, il n’a pas plus fait de miracles qu’eux, il a enseigné une morale plus pure, fondé une religion moins imparfaite que les autres, et comme tous les réformateurs, en général, succombent sous l’intransigeance de leur milieu, il a été la victime de l’intransigeance juive ; il est mort comme nous ; il n’est ni ressuscité, ni vivant en Dieu. ”
Clément Ier,
Les Pères de l’Église
“ Comment avaient-ils l’esprit assez peu clairvoyant pour ne pas voir que leur hérésie était condamnée par ce même symbole où l’Église fait profession de croire « en Jésus-Christ, fils unique de Dieu..., qui est descendu des cieux, a été incarné dans le sein de la vierge Marie, par l’opération du Saint-Esprit, et a été fait homme, et homo factus est. » Il a été fait homme ! Il n’avait donc pas seulement les apparences d’homme ; il était donc véritablement homme ; il avait donc un corps et une âme unis à sa divinité ! ”
Société française d'études mariales. Session, Marie, fille d'Israël, fille de Sion… (2003)
“ A la vérité, et ce n'est pas sans importance de repartir de là, cet obstacle dogmatique, concerne d'abord Jésus lui-même, malgré les développements du Nouveau Testament. C'est déjà vrai pour la théologie de la rédemption par la croix, c'est plus délicat pour celle de l'incarnation dont la formulation dépend davantage de la culture grecque, c'est encore plus difficile en ce qui concerne le mystère trinitaire en raison du monothéisme. Dans ces dogmes, pour les juifs, c'est leur conception de la transcendance qui est atteinte. ”
George Sand,
Souvenirs de 1848
“ Le peuple ne croit plus et ne croira jamais plus à la divinité de Jésus, par conséquent à tout l’édifice symbolique du culte. Seulement il aime Jésus maintenant parce qu’il le comprend, parce que, ne voulant plus souffrir, entre son âme et l’Évangile, cette monstrueuse interprétation que le prêtre avait inventée au profit des tyrans et des traîtres, il a découvert que Jésus était le premier et l’immortel apôtre de l’égalité. Jésus, enfant du peuple, martyr de la vérité, victime dévouée pour la cause du faible, du pauvre et de l’esclave, Jésus est sa lumière, son ami, son symbole, son espoir. ”
Ernest Hello,
Les Plateaux de la balance
“ Dès qu’ils cessent d’agir, l’histoire les quitte, et quand le peuple juif a donné à Jésus-Christ la vie puis la mort, l’histoire l’abandonne à son tour et se promène avec la lumière parmi ceux à qui le Crucifié tendait les bras en mourant. Jésus-Christ est né : le monde ne pourra plus travailler à la formation de son corps dans le même sens qu’auparavant, mais il travaillera encore à la formation du corps mystique de Jésus-Christ, qui est la Jérusalem éternelle. ”
Clément Ier,
Les Pères de l’Église
“ Il travaille surtout à les prémunir contre les hérétiques qui prétendaient que Jésus-Christ n’avait paru sur la terre et souffert qu’en apparence et d’une manière fantastique. « Vaines apparences, eux-mêmes, s’écrie-t-il ! purs fantômes qui appartiennent à l’esprit de ténèbres ! » Il déclare qu’il a vu Jésus-Christ : « Je l’ai connu dans sa chair, après sa résurrection, et je crois à son corps. » Rien de plus formel que son langage sur l’Eucharistie : « C’est la chair même de Jésus-Christ, celle qui a souffert pour nos péchés, celle qui a été ressuscitée. » ”
Simone Weil,
Intuitions pré-chrétiennes
“ Nous ne nous représentons plus du tout le Christ mourant comme un criminel de droit commun. Saint Paul lui-même écrivait : « Si Jésus-Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine », et pourtant l’agonie sur la Croix est quelque chose de plus divin que la Résurrection, elle est le point où se concentre la divinité du Christ. Aujourd’hui le Christ glorieux voile pour nous celui qui a été fait malédiction, et ainsi nous risquons d’adorer sous son nom l’apparence et non pas la réalité de la justice. ”
“ L’entrée du Christ à Jérusalem figure la résurrection future, quand il viendra lui-même juger les vivants et les morts et qu’il apparaîtra à nos yeux avec ce corps dans lequel il a souffert pour nous ; alors, au nom de Jésus tout genou fléchira au ciel, sur la terre et dans les enfers. C’est pourquoi il y en a qui, au moment où l’on chante « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, » se mettent à genoux et prient dévotement. ”
“ Jésus a détruit la valeur du billet, en le clouant à sa croix. Le monde créé par Jésus est donc un monde entièrement nouveau ; Jésus est la pierre angulaire du temple que Dieu se bâtit. Le chrétien est mort à la terre, enseveli avec Jésus au tombeau ; sa vie est cachée en Dieu avec Christ. En attendant que Christ apparaisse et l’associe à sa gloire, il mortifie son corps, éteignant tous ses désirs naturels, prenant en tout le contre-pied de la nature, dépouillant le « vieil homme », revêtant « le nouveau », renouvelé selon l’image de son Créateur. ”
Dictionnaire apologétique de la foi catholique
“ En résumé, celui qui veut laisser aux textes du Nouveau Testament leur sens certain et aux origines chrétiennes leur consistance historique, doit reconnaître que, par une action divine incompréhensible, Jésus a été corporellement arraché à la mort et constitué dans un état nouveau, glorifié, mystérieux, tel pourtant que l’identité du ressuscité avec leur Maître ne fit aucun doute, après expérience et enquête, pour ses disciples. ”
Jules Bois,
L’Au delà et les forces inconnues
“ « Mon cher confrère, » Je lis vos articles avec plus que de l’intérêt. Pour moi, le christianisme est absolument incompréhensible sans le spiritisme. » Jésus est le médium de Dieu ou des Esprits intermédiaires de Dieu que l’Evangile a raison d’appeler de ce nom unique : le Saint-Esprit. Le Christ a « déclaré qu’il ne parlait pas de lui-même ». Il a causé avec Moïse et Elie matérialisés et a été vu également après sa mort par les disciples. » La résurrection de Jésus est le fait le plus « matériel » du monde pour nous autres spirites. ”
“ Jésus engendré par le Saint-Esprit. Critique de l’opinion orthodoxe. Ce que les deux évangélistes, Matthieu et Luc, racontent du mode de la conception de Jésus a été, de tout temps, interprété par les commentateurs ecclésiastiques ainsi qu’il suit : Jésus a été engendré en Marie par une opération divine qui a remplacé le concours d’un homme. ”
Philarète de Moscou,
Catéchisme détaillé de l’Église catholique orthodoxe d’Orient
“ Un miracle si étonnant ne s’accomplit certainement qu’en vue d’un but qui en était digne ; il est donc à présumer que les saints ressuscités furent vus de plusieurs personnes, afin de leur annoncer la descente de Jésus-Christ dans l’enfer et le triomphe de sa résurrection d’entre les morts, pour faciliter par leur prédication à ceux qui étaient nés dans l’Église de l’ancienne loi, le passage à la nouvelle Église qui s’ouvrait à tous dans l’alliance nouvelle. ”
Galop, Souvenirs d'Eugène Deveria (1868)
“ Oui, la conversion est un fait si peu naturel, si peu dans l'ordre du développement progressif de l'individu, que ce n'est pas trop de la puissance qui ressuscita Christ du tombeau, pour opérer cette œuvre. Et quel acte de puissance, que la résurrection de Jésus-Christ ! Il est là, dans la rigidité et le froid de la mort ; son sang a coulé par cinq plaies; ses pieds et ses mains ont été percés de clous, son côté transpercé par la lance ; ceux qui furent ses bourreaux savent bien tuer ; Il est mort; mort pour vous, mon frère, pour vous, ma sœur, quel que soit votre nom. ”
Louis Dimier,
Les maîtres de la contre-révolution au XIXe siècle…
(1907)
“ Nul d'entre eux, quand il considère le miracle de l'Eucharistie, l'image du crucifix, le nom de Jésus, cités tout ensemble par l'homme dont il s'agit à la barre de l'histoire la plus frivole, livrés aux dénégations brutales, aux déshonorantes privautés, aux caresses viles de la pédanterie romanesque et sentimentale, ne trouve d'expression pour peindre ce qu'il éprouve. ”
Daniel Auschitzsky Pierrefeux, Triomphe du Christ, histoire du sacré-coeur de Montmartre (1894)
“ Comment concevoir que la chair de Jésus-Christ puisse être présente en une multitude de lieux et puisse se communiquer en même temps à une multitude de fidèles ? Tout corps est doué d'irradiation, c'est-à-dire d'une expansion de lui-même hors de lui, par laquelle, sans rien perdre de ce qu'il est, il projette au loin sa substance, sa forme et sa vie. Comme un édifice frappé de la lumière vient se peindre avec toutes ses parties les plus délicates et les moins visibles sur la feuille de métal qui lui est présentée, ainsi, d'une manière latente ou manifeste, tout corps rayonne autour de lui. ”
Ernest Renan,
Vie de Jésus 1867
“ Cette histoire est admirable à sa manière. Mais quoi de plus blessant que la glossolalie, laquelle est attestée par des textes irrécusables de saint Paul ? Les théologiens libéraux admettent que la disparition du corps de Jésus fut une des bases de la croyance à la résurrection. Que signifie cela, sinon que la conscience chrétienne à ce moment fut double, qu’une moitié de cette conscience créa l’illusion de l’autre moitié ? Si les mêmes disciples eussent enlevé le corps et se fussent répandus dans la ville en criant : « Il est ressuscité ! » ”
Maxime Du Camp,
Iconographie chrétienne
“ L’expression douloureuse du visage, le front renversé, disent assez que le soleil qui éclate autour de sa tête est près de se changer en couronne d’épines ; les yeux extatiques regardent peut-être les félicités futures, mais ils ne les aperçoivent qu’à travers les quatorze stations de la voie douloureuse : c’est l’homme qui se transfigure en Dieu à force de commisération et d’amour ; c’est bien là Jésus tel que ses disciples le virent dans cette heure d’éblouissement. ”
Abram-François Pétavel, La fille de Sion, ou Le rétablissement d'Israël… (1868)
“ Mais si c'est chez lui conversion véritable, affaire de conscience, s'il croit fermement que Jésus est le Fils unique de Dieu, qu'il n'y a de salut qu'en lui et par lui, alors plus d'excuse, plus de pardon, il est anathématisé, maudit. C'est, chez les siens, un désespoir à s'arracher les cheveux; on ne lui épargnera ni injures, ni mauvais traitements ; il est des contrées peu policées , où il ne serait pas sur de sa vie. ”
La Bible annotée (Nouveau Testament… (1867)
“ Le corps de Jésus ainsi soustrait à la corruption, premier point, il s'agit d'affirmer la résurrection de ce même Jésus, deuxième point. Était-ce une résurrection du corps enseveli, de telle sorte que l'âme de Jésus fût rentrée dans son enveloppe mortelle, recueillie par Joseph et gardée par des soldats ? — Non, répond Paul ; la résurrection, pour Jésus comme pour nous tous, n'est pas cela. — C'est un mystère (verset 51) . Le corps meurt et se dissout comme le grain; l'âme ressuscitée prend une autre chair, un corps spirituel (versets 38, 39, 42-44) . — C'est ainsi qu'est ressuscité Jésus !... ”
