“ Après que cette passion m’eut agité pendant deux heures et plus, avec une telle violence que mon sang bouillonnait et que mon pouls battait comme si la ferveur extraordinaire de mes désirs m’eût donné la fièvre, la nature fatiguée, épuisée, me jeta dans un profond sommeil. — On pourrait croire que mes songes roulèrent sur le même projet, mais non pas, mais sur rien qui s’y rapportât. Je rêvai que, sortant un matin de mon château comme de coutume, je voyais sur le rivage deux canots et onze Sauvages débarquant et apportant avec eux un autre Sauvage pour le tuer et le manger. ”
Daniel Defoe
Définition et enjeux
Daniel Defoe, écrivain, marchand et homme politique anglais du XVIIe siècle, est principalement connu pour ses romans pionniers tels que Robinson Crusoé et Moll Flanders, qui abordent les thèmes de la survie, de la moralité et de la résilience humaine. À travers ses œuvres, il combine récits d’aventures, réflexions sociales et critiques politiques, comme le montrent ses extraits où Robinson Crusoé médite sur la solitude ou Moll Flanders oscille entre vice et rédemption.
Son œuvre, souvent considérée comme un tournant dans l’évolution du roman moderne, fusionne fiction et témoignage, reflétant l’Angleterre en pleine transformation. Les commentaires de ses contemporains, comme Henri Blerzy, soulignent son rôle ambivalent d’écrivain engagé et d’observateur des mutations économiques et sociales de son époque.
Citations sur “Daniel Defoe”
“ Je n’avais personne avec qui converser, que de temps en temps mon voisin, point d’autre ouvrage à faire que par le travail de mes mains, et je me disais souvent que je vivais tout-à-fait comme un naufragé jeté sur quelque île déserte et entièrement livré à lui-même. Combien cela était juste, et combien tout homme devrait réfléchir que, tandis qu’il compare sa situation présente à d’autres qui sont pires, le Ciel pourrait l’obliger à en faire l’échange, et le convaincre, par sa propre expérience, de sa félicité première ”
“ Mon serviteur VENDREDI, lorsque nous le joignîmes, avait délivré notre guide, et l'aidait à descendre de son cheval, car le pauvre homme était blessé et effrayé plus encore, quand soudain nous apperçûmes l'ours sortir du bois; il était monstrueux, et de beaucoup le plus gros que j'eusse jamais vu. À son aspect nous fûmes touts un peu surpris; mais nous démêlâmes aisément du courage et de la joie dans la contenance de VENDREDI.—«O! O! O! s'écria-t-il trois fois, en le montrant du doigt, O maître! vous me donner congé, moi donner une poignée de main à lui, moi vous faire vous bon rire.» ”
