Montussan

Définition et enjeux

Portrait de Camille Debans Camille Debans La peau du mort (1880)

En voilà assez, reprit Montussan. J'aurai besoin de toi, Riaux, pour me servir de témoin contre monsieur que j'ai insulté.
– Quoi donc ! les choses en sont là ?
– Oui, car après lui avoir lavé la tête, j'ai aussi lavé un tableau auquel j'avais mis la main.
– Ce n'est pas bien cela, Montussan.
– Monsieur s'est moqué de moi en m'offrant une mixture fantastique décorée par lui du nom de punch. J'ai rincé mon cavalier. Il est furieux. Je lui ai donné du drôle ; il a riposté
par ivrogne !
Source : Gallica

Portrait de Camille Debans Camille Debans La peau du mort (1880)

Riaux, sachant qu'il y trouverait Montussan, se rendit dans un petit café de Montmartre.
Lucien l'attendait. Il l'emmena dîner, et, en route, lui fit très durement des observations que le bohème écoutait sans mot dire.
– Je vois bien que tu n'as plus aucune vergogne et que tu vendrais ton nom pour un verre plein.
– Peut-être, fit cyniquement Montussan.
– Mais j'enrage, quand je te vois galvauder les dons précieux que la nature t'a donnés, dans des ateliers où l'on ne t'aime pas, où l'on ne te connaît même pas.
Source : Gallica

Portrait de Camille Debans Camille Debans La peau du mort (1880)

Ivresse est moins bien que délire.
Et sans répondre autre chose, Montussan bondit tout à coup, se trouva sur ses pieds on ne sait comment, et arracha au peintre ses pinceaux et son appuie-main.
– Attends, dit-il.
– Tu n'es pas fou, tu es enragé, s'écria Riaux.
– Attends, te dis-je.
Montussan prit une toile immaculée, la posa sur un chevalet très-haut, et, sans s'asseoir, avec une sûreté de main et une indicible rapidité d'exécution, il se mit à dessiner une tête.
– Tu vas voir, tu vas voir, disait-il en travaillant avec une sorte de frénésie.
Source : Gallica

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