C.-D. d’Héricault

Élements biographiques

C.-D. d’Héricault Revue des Deux Mondes

La science est le repos de la poésie, nous le savons, et quand après les momens d’exaltation intellectuelle, les intelligences fatiguées se découragent, et veulent s’endormir dans leur épuisement, c’est l’étude, et l’élude de l’histoire, qui les secourt, qui les ramène doucement à l’ardeur, à l’énergie, à l’amour de l’art. La critique alors a un grand rôle à remplir, et ce n’est pas sans utilité pour la poésie elle-même qu’elle lui parle des temps passés ; mais aussi ce n’est pas dans la vieillesse d’une rhétorique que la critique doit chercher des monumens, des modèles et des enseignemens.
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C.-D. d’Héricault Revue des Deux Mondes

S’il ne fût pas venu à une époque de transition où la simplicité du moyen-âge n’était plus et où la régularité de la renaissance n’était pas encore, il eût été un de nos plus grands poètes ; mais, attiré par les deux instincts de son génie, la fantaisie et la réflexion, vers les deux écoles contraires, il oscille vers l’école savante qui alléchait la gravité de sa pensée, et toujours il obéit à l’école trouvère où l’entraînaient les plus puissantes de ses facultés, l’amour de la réalité, la finesse d’observation, sa verve et sa vivacité.
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C.-D. d’Héricault Revue des Deux Mondes

Les nouvelles à la main et les chansons chassèrent le timide madrigal ; l’amour et la littérature prirent le porte-voix, et le boudoir fut remplacé par les bureaux d’esprit. C’est de là que sortit une littérature que la femme protégea jusqu’à la fin du siècle. C’était une vraie fièvre que cette manie de protéger les auteurs ; on se donnait ainsi un brevet d’influence, d’intelligence et d’autorité, et cela faisait autour de la vanité des femmes ce bruit qu’elles aiment. Il n’est rien au reste qu’elles ambitionnent comme de patroner une idée et de protéger l’intelligence.
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