Henry Bour La Forêt vosgienne, son aspect… (1893)

C' est l' hiver , le grand repos et le grand silence . La forêt est redevenue recueillie et sauvage ; les feuilles mêmes n' y bruissent plus , Elle charme toujours lorsqu' on n' y rencontre plus forme d' homme , lorsque tout y est mort ! Le cœur y bat si heureux et le malheur s' oublie si rapidement ; les souvenirs de bonheur reviennent si pressés et si doux , sur la route où l' on va seul , des lieues entières , entre les masses profondes des futaies vaporeuses . Parfois , l' immense forêt paraît elle-même une brume , et les arbres semblent des âmes qui s' exhalent comme des fumées !
Source : Gallica

Henry Bour La Forêt vosgienne, son aspect… (1893)

Cependant la pâleur de l' azur , le vert des sapins , l' éclat de la neige se fondent et s' harmonisent en un tableau plein de douceur et remplissent l' âme et les yeux de leur charme attendri .
O forêt , si riante aux jours du printemps , si belle et si éblouissante sous la lumière des grands étés , d' une mélancolie si profonde dans l' arrière-saison , ton sommeil n' est point la mort , et la nature , maternelle jusqu' en ses fureurs , abrite tes énergies sous ce manteau .
Source : Gallica

Henry Bour La Forêt vosgienne, son aspect… (1893)

Déjà une vie nouvelle fermente dans ton sein ; tu verras encore le soleil baigner de ses rayons tes hautes cimes , les arbres se mirer dans tes eaux , les fraîches brises agiter doucement tes rameaux ; des générations successives viendront goûter sous tes voûtes ombreuses le repos et la paix ; mais , plus heureuse qu' elles , tu renaîtras des étreintes glacées de l' hiver , et les années nouvelles ajouteront sans cesse à ta force et à ta beauté .
Messieurs , la forêt a son histoire et ses légendes . Ses masses sombres et feuillues sont les témoins muets , les seuls survivants des âges passés
Source : Gallica

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